AA / Beyrouth / Jad yatim
« Le Liban sera épargné par les sanctions liées à la résolution onusienne 2178 », ont affirmé à Anadolu deux analystes politiques libanais.
Tous deux disent que le Liban ne sera pas touché par les punitions internationales pour « violation de la dernière résolution du Conseil de sécurité de l’ONU » même si il a permis aux combattants de Hezbollah de passer en Syrie.
Les experts considèrent que les frappes de la coalition internationales contre l’EIIL ne toucheront, « du moins pour le moment », ni les combattants de « Hezbollah, ni les milices chiites irakiennes qui appuient le régime syrien".
Le Conseil de sécurité de l’ONU a décidé, il y a quelques jours à l’unanimité, l’adoption de la résolution 21 78 sous l'égide du chapitre VII de sa Charte.
La résolution dénonce l’extrémisme violent qui balise le terrain au terrorisme et à la violence sectaire, les actes terroristes commis par des étrangers qui combattent aux côtés de groupes radicaux et invite tous les pays à contrecarrer la circulation des terroristes à travers des mesures efficaces pour un meilleur contrôle des frontières.
La résolution insiste sur l’urgence de l’application intégrale de toutes ces décision notamment pour les combattants liés à l’EIIL , au Front « Al Nosra » et aux autres organisations terroristes telles « Al Qaida ».
Al-Masri, expert politique libanais, relève que la résolution 2178 est inspirée de la résolution précédente 2170 qui stipule "n’apporter aucun soutien et de ne pas financer les groupes terroristes".
Il a ajouté que toute nouvelle résolution qui sera décidée à ce propos sera rattachée à la résolution 1373 relative à le lutte contre le terrorisme.
Al-Masri estime que la position de Bachar Al Assad qui approuve les frappes aériennes menées par la coalition internationale a réduit l’importance des réserves russes vis-à-vis de la campagne contre l’EIIL.
Il a ajouté que jusqu’à présent, rien n’indique ni ne laisse prévoir que ces les frappes de la Coalition internationale concerneront, aussi, le Hezbollah et les combattants irakiens chiites en Syrie.
Un avis partagé par l’auteur et analyste politique Elie Fawaz qui affirme "qu’aucune sanction ne sera prise à l’encontre du Liban pour sa soi-disant permission aux combattants du Hezbollah d’accéder en Syrie".
Dans un entretien avec Anadolu, Fawaz note que le Liban fera l’objet d’une indulgence et ne fera pas l'objet de frappes militaires. Il rappelle que tel fût le cas en 2004 lorsque le Conseil de sécurité et en vertu de la résolution 1559, a invité le gouvernement libanais à procéder, selon les moyens qui lui semblent appropriés, au désarmement des milices libanaises et non libanaises.
Selon lui cette tolérance onusienne est le fruit de la coopération entre l’armée libanaise , la CIA, et Hezbollah dans la campagne en cours. Il précise, dans ce cadre, que la coopération et la coordination entre les Etats Unis, la Syrie et l’Iran se fait à travers deux canaux, l’Irak et les Kurdes.
Selon l’expert, "si Nasrallah a refusé les frappes contre l’EIIL, c’est surtout, par appréhension et par peur que les Etat Unis aillent plus loin d’autant plus que le régime syrien et l’Iran ont été exclus de la Coalition".
Fawaz note, par ailleurs, que les Etats Unis ont toujours collaboré, secrètement, avec l’Iran. Il rappelle, à ce propos, les révélations faites par l’ancien ambassadeur américain en Irak Ryan Crook.
L’expert pense que derrière le refus public d’associer l’Iran à la coalition, Obama collabore, secrètement avec lui.
Fawaz note, par ailleurs, que les raids aériens menés, actuellement par la coalition internationale ne viseront pas les milices chiites irakiennes ni le Hezbollah car ces deux groupes combattent les mêmes ennemis que les américains.