AA/ Beyrouth/ Jad Yetim
Les parlementaires libanais ne sont pas parvenus, mercredi, à élire un Président de la République au bout de la huitième séance consécutive.
Le président du Parlement, Nabih Berri, a convoqué les parlementaires à une neuvième séance, le 23 juillet courant, en vue de remplir la vacance du poste du Président de Liban, qui perdure depuis le 25 mai dernier, date la fin du mandat présidentiel de Michel Sleiman.
Le bureau de presse du Parlement a indiqué que Berri a reporté la séance élective au mercredi 23 juillet à cause d'«absence du quorum ».
Seulement 64 députés étaient présents à la séance de mercredi alors qu'une séance élective exige la présence des deux tiers des 128 parlementaires, soit au moins 85 présents.
Bien que la Constitution libanaise prévoie la passation des attributions de la Présidence au gouvernement en cas de vide, dans des délais bien définis, plusieurs forces politiques s’opposent à cette alternative. Notamment les forces chrétiennes et l’Eglise maronite qui rejettent une continuité du fonctionnement normale des institutions constitutionnelles en parallèle avec le vide au poste du Président de la République, réservé aux chrétiens.
Le candidat favori et non annoncé à la Présidentielle, Michel Aoun, a lancé depuis deux jours, une initiative d’amendement de la Constitution selon laquelle le Président sera élu par suffrage universel à deux tours. Au premier tour, les chrétiens proposent deux candidats et au deuxième le peuple passe aux urnes pour élire l’un d’eux.
Cette initiative a été vivement contestée par des forces politiques libanaises, notamment la coalition de 14 mars qui considère que l’élection d’un Président passe avant tout amendement de la Constitution. D’autres partis politiques ont qualifié cette initiative de Aoun de retournement contre l’accord de Taef qui a mis un terme à la guerre civile en 1989 et qui prévoit le partage du pouvoir entre les musulmans et les chrétiens.
Par ailleurs, la Constitution libanaise autorise au Parlement d’élire n’importe quel chrétien maronite sans exiger l'annonce préalable de sa candidature.