AA/Tripoli (Libye)/ Mohamed al-Najem
Le Procureur général de Libye nouvellement nommé, Général al-Sadek al-Sour, a refusé d’assumer ses fonctions en protestation contre le limogeage de son prédécesseur et de crainte que la nomination ne provoque des divisions au sein des autorités judiciaires.
« Je crains que les tensions et les divisions au sein du Parlement ne débordent sur le système judiciaire » a déclaré mercredi soir, al-Sour dans une interview à la chaîne privée Ahrar.
Le Congrès général national de Libye (Parlement) a voté mardi la retraite forcée pour pour le Procureur général du pays, General Abdel-Qader Radwan, et son remplacement par al-Sour, alors chef du département des enquêtes du ministère public.
Le porte-parole du Parlement libyen, Omar Hemeidan, a démenti les allégations suggérant que la décision de limoger Radwan était «motivée par des raisons politiques », attribuant l’action à « l’incapacité de [de Radwan] à suivre les développements rapides en Libye et de mener des enquêtes sérieuses sur des affaires de sécurité nationale. »
Al-Sour a, pour sa part, déclaré qu’il n’a pas été averti de sa propre nomination à l’avance.
« Bien que je sois légalement éligible au poste, je ne peux pas porter une responsabilité aussi énorme » a-t-il affirmé.
La décision du Parlement de limoger Radwan intervient alors que des craintes qu’une guerre civile ne saisisse le pays sont évoquées, depuis que le Général à la retraite Khalifa Haftar livre bataille contre des milices armées –incorporées à l’armée régulière libyenne - à Benghazi.
De récents affrontements entre ces deux camps, à Benghazi, ont causé la mort de près d'une centaine de personnes.