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Le Major Flora de l'armée burundaise, une main de fer dans un gant de velours

Elle porte ses dix-sept ans de carrière professionnelle comme un médaillon honorifique sur sa poitrine et encourage les femmes à intégrer la grande muette.

27.03.2015 - Mıse À Jour : 27.03.2015
Le Major Flora de l'armée burundaise, une main de fer dans un gant de velours

AA/Bujumbura/Jean Bosco

Le regard fixe, la tenue kaki assortie de galons d’officier, le béret vert porté avec fierté, le major Flora Kwizera est une des rares figures féminines à avoir formidablement gravi les échelons au sein de l'armée burundaise.

Le Burundi compte en effet 239 femmes militaires dont 69 officiers. Flora est l'une des rares à avoir atteint le grade de Major, mais sa volonté d'ouvrir large le chemin au reste de ses collègues femmes pour évoluer comme il se doit au sein de la grande muette ne bat pas de l'aile.

La dame reconnaît, par delà, qu’elle n’a pas eu de concurrentes dans sa promotion. « Bien que l’armée fut ouverte aux femmes et aux hommes depuis 1993, il y a très peu de femmes militaires au Burundi, encore moins d’officiers comme moi », affirme-t-elle, soulignant que le taux de représentation des femmes ne dépasse pas 0,956%, toutes catégories confondues.  

Mère de famille marié à un officier comme elle, Flora Kwizera a intégré l'armée en 1998. C'était par "simple curiosité", après avoir passé le "service civique obligatoire à tout lauréat des humanités", qu'elle a postulé pour un poste au sein de la grande muette, dit-elle.

Après une longue carrière qui n'était pas du tout aisée, Mme Kisera se montre aujourd'hui fière d'avoir réussi toutes les rudes épreuves. «Pendant le stage, j’ai trop souffert car les collègues hommes qui me formaient voulaient me pousser à la sortie comme bien d’autres avant moi.  J’avais l'impression qu’ils voulaient m'exclure pour préserver leur chasse gardée. Mais, j'ai osé briser les chaînes et modifier la tradition. J’ai pu tenir et relever le défi», affirme-t-elle à Anadolu.

 Major Flora porte ses dix-sept ans de carrière professionnelle et ses débuts laborieux comme un médaillon honorifique sur sa poitrine. Elle a beaucoup appris de son expérience et sert par les temps qui courent une cause «noble».

De ce point de vue, elle affirme: « Je m’occupe de la sensibilisation des jeunes filles pour qu’elles intègrent l’armée, j’ai aussi l’occasion de participer à des séminaires internationaux où je découvre et apprend énormément d' autres femmes militaires ».

D'ailleurs, elle reconnaît être impressionnée par des expériences vécues sous d'autres cieux: « En Suède et même au Rwanda tout près de chez nous, les femmes militaires sont de loin mieux loties qu’au Burundi », indique-t-elle.

Pour Flora, le Burundi a encore du chemin à parcourir. « Il ne suffit pas de permettre aux femmes d’intégrer les corps de défense et de sécurité. Encore faut-il prendre des mesures d’accompagnement qui tiennent compte de la nature spécifique des femmes, cela nous manque au Burundi », conclut la dame au regard scrutateur.

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