Le Japon rejette un rapport américain sur les propos de Takaichi à propos de Taïwan avant le sommet avec Trump
- Un haut responsable japonais a déclaré que le rapport des services de renseignement américains, affirmant que les propos de la Première ministre sur Taïwan représentent un « changement significatif », est inexact
Karaçi
AA / Istanbul
Le Japon a rejeté jeudi un rapport du renseignement américain affirmant que les propos de la Première ministre Sanae Takaichi, suggérant qu’un intervention militaire japonaise pourrait être envisagée en cas de crise à Taïwan, représentaient « un changement significatif » pour un dirigeant en exercice.
Cette déclaration intervient juste avant le sommet de Takaichi avec le président américain Donald Trump à Washington.
Lors d’une conférence de presse à Tokyo, le secrétaire en chef du Cabinet, Minoru Kihara, a déclaré : « La position du gouvernement a été constante, et l’affirmation selon laquelle il s’agit d’un changement significatif est inexacte », selon Kyodo News.
Takaichi a elle-même souligné que ses propos étaient conformes à l’interprétation par le gouvernement japonais de la législation sur la sécurité de 2015, qui autorise la défense collective et la protection des alliés même lorsque le Japon n’est pas directement attaqué.
Le rapport du renseignement américain affirmait que les déclarations de Takaichi en novembre, qualifiant une éventuelle invasion chinoise de Taïwan de « situation menaçant la survie », pourraient justifier une action militaire japonaise et être perçues par la Chine comme un soutien à l’indépendance de Taïwan.
La Chine a réagi en qualifiant les propos de Takaichi « d’ingérence flagrante » dans ses affaires intérieures et de menace militaire potentielle.
Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Lin Jian, a déclaré que ses propos « révèlent des ambitions d’intervention armée sur la question de Taïwan » et « sape la stabilité régionale ».
« La Chine a à plusieurs reprises rappelé sa position solennelle », a-t-il ajouté.
Takaichi est arrivée à Washington jeudi pour une visite de trois jours. Avant son déplacement, elle a souligné l’importance de réduire les tensions au Moyen-Orient et de sécuriser des voies maritimes clés, comme le détroit d’Ormuz, citant les implications pour le Japon et les États-Unis.
À la Maison-Blanche, Takaichi et Trump devraient réaffirmer l’alliance entre les deux pays, renforcer la coopération économique et passer en revue les avancées du traité bilatéral sur le commerce et l’investissement conclu en juillet dernier, dans le cadre duquel le Japon s’est engagé à investir 550 milliards de dollars dans des industries stratégiques américaines en échange d’une réduction des droits de douane.
Les autorités japonaises ont précisé que des accords d’investissement supplémentaires pourraient atteindre 10 000 milliards de yens (63 milliards de dollars).
* Traduit de l'anglais par Seyma Erkul Dayanc
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