Le gouvernement syrien affirme ne pas être en conflit avec la communauté kurde, mais avec les FDS
- « Nous n’avons aucun problème avec les Kurdes ; notre problème, sous tous ses aspects, est avec les FDS », affirme un porte-parole du ministère
Istanbul
AA / Istanbul / Lina Altawell
Le gouvernement syrien « n’a aucun conflit » avec la communauté kurde de Syrie, mais avec le groupe des FDS, a déclaré jeudi un porte-parole du ministère de l’Intérieur.
« Nous n’avons aucun problème avec la composante kurde, ni avec aucune autre composante », a affirmé Noureddine al-Baba, dans une interview diffusée sur la chaîne saoudienne Al-Hadath.
« Notre problème est politique, avec ce qu’on appelle les Forces démocratiques syriennes », a-t-il ajouté.
Les FDS sont dominées par le groupe terroriste YPG, branche syrienne de l’organisation terroriste PKK.
Selon Baba, Damas a envoyé des « messages positifs » à la communauté kurde du nord-est syrien depuis le début de sa campagne militaire, ajoutant que les Kurdes avaient été exposés à une « propagande trompeuse » de la part des FDS.
Il a également indiqué que le gouvernement maintenait des canaux de communication avec les tribus arabes de la région et privilégiait des solutions pacifiques afin d’éviter davantage « d’effusion de sang », a-t-il poursuivi.
Le porte-parole a présenté l’accord du 10 mars avec les FDS comme un tournant, soulignant qu’il avait été largement salué par les Syriens et avait donné lieu à des célébrations publiques dans certaines zones du nord-est de la Syrie.
Cependant, ces célébrations, a-t-il précisé, ont ensuite été réprimées par des tirs, des arrestations arbitraires et des actes d’intimidation commis par les forces des FDS, notamment l’arrestation de personnes ayant brandi le drapeau syrien.
Les FDS avaient auparavant échoué à appliquer l’accord du 10 mars 2025 conclu avec Damas, qui prévoyait l’intégration du groupe au sein des institutions de l’État, tout en réaffirmant l’unité territoriale du pays et en rejetant toute tentative de division.
Baba a assuré que le gouvernement syrien poursuivait les négociations sous des garanties internationales et régionales, notamment via des efforts menés par les États-Unis et l’Arabie saoudite, accusant les FDS de ne pas répondre à l’initiative et d’intensifier leurs attaques.
Il a évoqué des tirs de snipers sur des civils à Alep, ainsi que des bombardements au mortier visant des zones résidentielles et commerciales attribués aux FDS, comme raisons du lancement d’opérations militaires « limitées » contre le groupe dans les quartiers de Cheikh Maqsoud et d’Achrafieh.
« Il s’agissait d’opérations nécessaires pour protéger les civils », a-t-il déclaré, ajoutant qu’elles avaient été menées rapidement et avec un minimum de dégâts, évoquant la coopération des habitants locaux.
Baba a souligné que Damas faisait la distinction entre les dirigeants des FDS et leurs combattants de base, notant que beaucoup avaient rejoint le groupe sous pression ou en raison de difficultés économiques.
Le porte-parole a précisé que le gouvernement syrien « accueille » les déserteurs qui « ne sont pas impliqués dans l’effusion de sang ».
« Toute personne dont les mains ne sont pas tachées de sang est la bienvenue », a déclaré Baba. « Ils ont choisi l’option de la patrie et de l’État syrien. »
Il a ajouté que le gouvernement comptait annoncer des mesures de réconciliation en faveur des anciens membres des FDS, affirmant que leur expérience pourrait être mise à profit par les institutions de l’État.
Baba a réitéré que le rôle du ministère de l’Intérieur, après les avancées militaires, consistait à sécuriser les biens publics et privés, protéger les installations vitales et rétablir la sécurité afin de permettre aux civils de regagner leurs foyers.
Cette interview intervient après que la présidence syrienne a annoncé mardi qu’une « compréhension mutuelle » avait été conclue avec les FDS concernant l’avenir de la province de Hassaké.
Le ministère de la Défense a également annoncé mardi un cessez-le-feu de quatre jours avec les FDS. Toutefois, les FDS ont mené une série d’attaques contre des positions syriennes dès le premier jour de la trêve, faisant 11 morts parmi les soldats et 25 blessés.
* Traduit de l'anglais par Adama Bamba
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