AA - Strasbourg - Bilal Muftuoglu
Le Conseil de l'Europe a préconisé mercredi une définition plus pointue de l'islamophobie de point de vue juridique, social et pédagogique face à la hausse en Europe des actes à caractère injurieux envers les musulmans.
La ''Définition de l'islamophobie'', évènement parrainé par la délégation turque auprès de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (APCE) dans le cadre de la Session d'été de cette dernière, est revenue sur la question autour de la réprobation et de l'identification du phénomène antimusulman, qui n'est pas reconnu aujourd'hui au même titre que l'antisémitisme en Europe.
''En luttant contre l’islamophobie, on lutte pour les droits de l’homme'', a affirmé Yanis Mahil, islamologue français et un des intervenants à l'évènement organisé en coopération avec la délégation turque et l'Association Organisation Racism and Islamophobia Watch (ORIW). L'attaque contre les musulmans vise aussi les valeurs européennes, d'après Mahil, fondées sur le respect, la tolérance et la promotion de la diversité.
Les conférenciers ont par ailleurs noté que l'islamophobie ne se limite pas à une simple critique de la religion, mais s'érige en un phénomène raciste qui vise les musulmans.
''Les victimes musulmanes d’aujourd'hui sont les victimes juives d’hier'', a déploré Fatih Karakaya, membre de COJEP et modérateur de l'évènement.
Regrettant en outre que l'arsenal juridique en cours n'est pas suffisant pour contrer les actes antimusulmans, les conférenciers ont insisté sur la nécessité d'une définition en droit, mais aussi au niveau socio-intellectuel et finalement dans les écoles.
Cette définition plus globale de l'islamophobie permettra de marginaliser les propos injurieux envers les musulmans, reconnus comme faisant ''faussement'' partie de la liberté d'expression, selon les intervenants.