Le chef de la diplomatie française réagit aux accusations d’Alger
- Jean-Noël Barrot a qualifié les accusations des autorités algériennes « d’infondées et fantaisistes », regrettant la convocation de l'ambassadeur de France à Alger.
Algeria
AA/Alger/Aksil Ouali
Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a réagi aux accusations des autorités algériennes selon lesquelles la DGSE (Direction générale de la Sécurité extérieure) est impliquée dans des actes visant la déstabilisation de l’Algérie. Intervenant, ce dimanche sur France Inter, il a qualifié ces accusations d’«infondées ».
«Ce sont des accusations infondées et fantaisistes», a déclaré le chef de la diplomatie française, tout en confirmant la convocation de l'ambassadeur de France à Alger par le ministère algérien des Affaires étrangères. «Je confirme cette convocation et je la regrette », a-t-il indiqué. Et d'ajouter: « J'ai appelé notre ambassadeur au téléphone pour lui assurer notre soutien ».
Jean-Noël Barrot a affirmé, cependant, que son pays souhaite que la relation bilatérale entre l’Algérie et la France se poursuive. « S'agissant de notre relation avec l’Algérie, nous avons dit, nous avons même écrit, en 2022, le président Tebboune, le président Macron, une feuille de route qui projette la relation entre nos deux pays sur l'avenir et nous souhaitons que cette relation, c'est l’intérêt de la France et de l’Algérie, se poursuive», a-t-il dit.
Ce dimanche matin, plusieurs médias algériens, dont le journal gouvernemental “El Moudjahid”, ont annoncé que le ministère algérien des Affaires étrangères a convoqué l’ambassadeur de France à Alger, Stéphane Romatet pour « lui signifier la ferme réprobation des plus hautes autorités face aux nombreuses provocations et actes hostiles français en direction de l'Algérie ».
Selon les mêmes médias qui citent des « sources diplomatiques crédibles », cette convocation a eu lieu la semaine dernière. Les autorités algériennes, selon ces sources, ont assuré «que ces agissements ne sauraient rester sans conséquences ».
« L'Algérie avertit, ainsi, qu’elle ne restera pas passive face à ces attaques incessantes visant sa souveraineté. Résolue à préserver sa dignité, l’Algérie prendra toutes les mesures qui s’imposent, pour faire face à ces tentatives d’ingérence », ont précisé les mêmes sources.
La colère des autorités algériennes, ont souligné ces journaux, est provoquée par « les graves révélations sur l’implication des services de renseignement français, DGSE, dans une campagne de recrutement d’anciens terroristes en Algérie à des fins de déstabilisation ».
La semaine dernière, la chaîne de télévision publique AL 24 a diffusé les aveux d’un dénommé Aissaoui Mohamed Amine, 35 ans. Cette chaîne a affirmé « que les services de renseignements algériens avaient déjoué un complot orchestré par les services de renseignements français visant à déstabiliser l’Algérie ». Selon le journal, la DGSE « recrutait également des terroristes à l’effet de déstabiliser l’Algérie ».
