AA / Tunis / Rym Tlili
Les trois présidences en Tunisie (République, Gouvernement, Assemblée nationale constituante) ont fait part lundi, de leur «entière disposition» à offrir l’appui nécessaire à «L’Instance Vérité et Dignité » chargée d’instaurer la justice transitionnelle, afin qu’elle puisse accomplir, convenablement, le rôle qui lui est dévolu.
Les positions des trois présidences ont été exprimées à l’occasion de l’ouverture lundi, de la Conférence internationale sur la formation de «L’Instance Vérité et Dignité» au siège du ministère tunisien de la Justice, des Droits de l’Homme et de la Justice transitionnelle, au Bardo (Banlieue ouest de Tunis), sur le thème : « Pour une nouvelle génération de commissions Vérité».
Le président de la République Moncef Marzouki a souligné dans une allocution prononcée à cette occasion que « l’institution de la Présidence de la République mettra l’ensemble de ses dossiers à la disposition de l’Instance Vérité et Dignité ».
Pour sa part, Mustapha Ben Jaafar, président de l’Assemblée Nationale Constituante (ANC, Parlement) a estimé que «L’Instance Vérité et Dignité est une institution indépendante qui jouit de la personnalité morale et de l’autonomie financière et œuvre en toute impartialité», estimant qu’aucune partie n’est habilitée à intervenir dans ses activités ou à influencer ses décisions».
Il a indiqué que "l’Instance a entre autres missions de faire la lumière sur les exactions commises durant la période allant du 1er juillet 1955 jusqu’à la promulgation de la loi relative à la Justice transitionnelle » en décembre 2013.
Dans le même ordre d’idées, le Chef du gouvernement Mehdi Jomaa a réitéré son « engagement à assurer l’appui nécessaire à l’Instance » et annoncé dans son allocution que "la première réunion de l’Instance aura lieu le 17 juin courant".
« Mon gouvernement assistera l’Instance dans l’élaboration de son budget et mettra à sa disposition un siège afin qu’elle puisse entamer immédiatement ses travaux», a encore ajouté Mehdi Jomaa.
Le dossier de la Justice transitionnelle fait partie des principales revendications populaires clamées par les Tunisiens au cours de la révolution qui a fait chuter, le 14 janvier 2011, le régime de l’ancien président Ben Ali.
Le dispositif de la justice transitionnelle prévoit, notamment, la reddition de comptes par les symboles de l’Ancien régime et les personnes impliquées dans des crimes de corruption et de torture, au cours de procès équitables garantissant les droits fondamentaux .
Les membres de l’ANC ont approuvé, le 19 mai dernier, la formation de «l’Instance Vérité et Dignité» composée de 15 membres. La loi portant sur le dispositif de la Justice transitionnelle a été votée au mois de décembre 2013.