Politique

La Palestine condamne la décision d'un tribunal israélien autorisant les Juifs à prier à Al-Aqsa

- Le ministère palestinien des Affaires étrangères a qualifié cette décision de "déclaration de guerre religieuse et de revirement contre le statu quo"

23.05.2022
La Palestine condamne la décision d'un tribunal israélien autorisant les Juifs à prier à Al-Aqsa

AA / Ramallah / Muhammad Ghafri

La Palestine a condamné, dimanche, la décision d'un tribunal israélien d'autoriser les Juifs à effectuer des rituels talmudiques et des prières publiques lors de leur incursion dans la mosquée Al-Aqsa, à Jérusalem-Est occupée.

Le ministère palestinien des Affaires étrangères a estimé, dans un communiqué, que cette décision était "un véritable revirement contre le statu quo et sa complète modification, et une déclaration explicite de guerre religieuse qui risque de provoquer une déflagration sur la scène du conflit et dans toute la région."

La diplomatie palestinienne a ajouté que cette décision est "une nouvelle preuve que le système judiciaire et les tribunaux en Israël font partie intégrante du système d'occupation, et une autre preuve de la protection et de la couverture juridique des incursions des juifs extrémistes dans la mosquée bénie d'Al-Aqsa, dans le but de consolider sa division."

Et de souligner que la décision "s'inscrit dans le cadre de l'escalade israélienne systématique sur la scène du conflit et de la provocation du cycle de la violence et du chaos pour faire passer le plus grand nombre possible de projets de colonisation visant à judaïser Jérusalem."

Le ministère des Affaires étrangères a souligné que cette décision "démentit les affirmations des responsables israéliens quant à leur attachement au statu quo."

Il a imputé au gouvernement israélien "l'entière et directe responsabilité de cette décision et de ses graves conséquences", soulignant qu'il en assurera le suivi auprès de la communauté internationale, notamment de l'administration américaine, et exigera une intervention immédiate pour en arrêter la mise en œuvre, en coordination avec le Royaume de Jordanie.

Un tribunal de première instance israélien a rendu, dimanche, une sentence autorisant les colons à effectuer leurs prières talmudiques "à haute voix" et à accomplir une action similaire à l'agenouillement lors de leur incursion dans l'enceinte de la mosquée Al-Aqsa.

Dans sa décision, le tribunal a considéré que le fait de prier à haute voix (ils crient en hébreu "Chemaa Yisrael" qui signifie "Écoute, Israël") et de se pencher sur le sol à l'intérieur de la mosquée Al-Aqsa, est quelque chose qui ne peut être criminalisé ou considéré comme une violation de la paix civile.

Au vu de décision, tous les résidents d'Israël sont autorisés à accéder au Mont du Temple et à pratiquer leurs rites religieux.

En octobre 2021, le même tribunal avait décidé d'autoriser les Juifs à prier "en silence" dans les enceintes de la mosquée Al-Aqsa.

Cette décision avait alors rencontré l'objection du Conseil des waqfs islamiques de Jérusalem et de parties palestiniennes et islamiques.

Pour sa part, le mouvement de résistance palestinien "Hamas" a qualifié la décision du tribunal israélien de "jeu avec le feu, de franchissement de toutes les lignes rouges, et d'escalade dangereuse dont les dirigeants de l'occupation supporteront les répercussions."

Le mouvement a ajouté dans un communiqué : "La mosquée Al-Aqsa est la propriété exclusive des musulmans. Nous ne permettrons pas que son caractère sacré soit violé et que des rituels talmudiques y soient organisés, quel qu'en soit le prix."

Les tensions se sont multipliées ces dernières semaines à Jérusalem et dans les cours de la mosquée Al-Aqsa, suite aux incursions israéliennes dans la mosquée et aux affrontements avec les Palestiniens qui en ont résulté et qui ont fait des blessés et des arrestations parmi les Palestiniens.

Les attaques israéliennes contre la mosquée Al-Aqsa et le quartier de Sheikh Jarrah dans le centre de Jérusalem, en mai 2021, ont provoqué une confrontation militaire de 11 jours entre Israël et les factions de la Bande de Gaza.

Les Palestiniens sont attachés à Jérusalem-Est comme capitale de leur État à venir, conformément aux résolutions des Nations unies qui ne reconnaissent pas l'occupation de la ville par Israël en 1967 ni son annexion en 1981.

*Traduit de l’Arabe par Mourad Belhaj

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