La France simule un raid nucléaire aérien lors de l’exercice « Poker »
- Une quarantaine d’aéronefs ont été mobilisés dans la nuit du 17 mars pour entraîner les forces aériennes stratégiques (FAS), chargées de la composante aéroportée de la dissuasion nucléaire
Istanbul
AA / Istanbul / Serap Dogansoy
L’Armée de l’Air et de l’Espace a annoncé avoir mené, dans la nuit du lundi au mardi, un exercice de simulation de raid nucléaire baptisé « Poker », mobilisant une quarantaine d’aéronefs au-dessus du territoire français.
« Pendant que la France dort… la nuit dernière, une quarantaine d’aéronefs ont sillonné le ciel français pour simuler un raid aérien nucléaire », a indiqué l’institution sur le réseau social américian X, précisant que l’opération vise à être prête « à tout moment » et à garantir la « crédibilité de la dissuasion ».
Selon des informations concordantes, l’exercice a impliqué notamment des avions Rafale et Mirage 2000, des avions-radars AWACS (systèmes de détection et de commandement aéroporté) ainsi que des ravitailleurs A330 MRTT, permettant d’allonger le rayon d’action des appareils en vol.
Au cours de la manœuvre, huit Rafale ont effectué des ravitaillements aériens avant de simuler un tir nucléaire en plongeant vers le centre de la France.
Organisé par les forces aériennes stratégiques (FAS), chargées de la composante aéroportée de la dissuasion nucléaire française, l’exercice Poker est conduit à un rythme régulier, environ quatre fois par an depuis 1964.
Selon le commandement des FAS, ce type d’entraînement vise à démontrer la capacité opérationnelle des forces françaises à mener une mission nucléaire et à renforcer la crédibilité de la dissuasion.
Cette édition s’est déroulée sur une large partie du territoire, avec un regroupement initial des appareils au-dessus de la Bretagne avant un parcours longeant la façade atlantique, les Pyrénées puis la Méditerranée.
L’exercice intervient dans un contexte de tensions internationales accrues, alors que la France est également engagée sur d’autres théâtres extérieurs, notamment dans le Golfe.
Début mars, le président Emmanuel Macron avait évoqué une évolution de la doctrine de dissuasion, incluant une possible augmentation du nombre de têtes nucléaires et le développement d’une « dissuasion avancée » associant plusieurs partenaires européens, sans partage de la décision finale.
