La confiance politique des Français au plus bas selon le baromètre du Cevipof
- Seuls 22 % des Français déclarent faire confiance à la politique en 2025, en recul de quatre points sur un an, tandis qu’une majorité appelle à une réforme profonde des institutions
Istanbul
AA / Istanbul / Serap Dogansoy
Seuls 22 % des Français affirment avoir confiance dans la politique, selon le baromètre annuel de la confiance politique publié en 2025 par le Centre de recherches politiques de Sciences Po (Cevipof). Cette proportion est en baisse de quatre points par rapport à l’an dernier.
Réalisée par OpinionWay, l’enquête révèle également que près de six Français sur dix (58 %) estiment qu’un changement de Constitution serait nécessaire pour réformer en profondeur le système politique actuel.
Le baromètre, publié par le Cevipof, met en évidence un niveau de défiance élevé à l’égard des institutions nationales. La confiance dans l’Assemblée nationale s’établit à 24 %, un niveau comparable à celui observé fin 2018, au plus fort de la crise des Gilets jaunes. Le gouvernement recueille 23 % de confiance, le Premier ministre 27 % et le président de la République 23 %.
La confiance apparaît en revanche nettement plus élevée au niveau local, avec 61 % des Français déclarant faire confiance à leur maire, contre 40 % à leur député.
Comparée à ses voisins européens, la France se distingue par un niveau de confiance politique plus faible. Ils sont 47 % en Allemagne et 39 % en Italie à déclarer faire confiance à la politique, selon cette même enquête.
Le climat politique est par ailleurs marqué par des sentiments négatifs. Quarante-cinq pour cent des personnes interrogées disent éprouver de la méfiance, 40 % de la lassitude et 35 % de la morosité. À l’inverse, seuls 13 % déclarent ressentir de la confiance.
L’étude souligne également une perception critique du fonctionnement démocratique. Cinquante-deux pour cent des Français estiment qu’il n’y a « pas de quoi être fier » du système démocratique, et 28 % jugent que la démocratie fonctionne bien. La confiance dans les partis politiques s’établit à 16 %, en recul de quatre points sur un an, tandis que celle accordée aux syndicats descend à 37 %.
Enfin, le baromètre fait état d’une progression de l’adhésion à des options plus autoritaires. Près d’un Français sur deux estime que la démocratie manque d’efficacité, et 41 % se disent favorables à l’idée d’un dirigeant fort qui n’aurait pas besoin des élections ou du Parlement. Dans ce contexte, 65 % déclarent préférer se tenir à distance de la politique et se concentrer sur leur vie personnelle.
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