L’ancien responsable américain du contre-terrorisme déclare que Larijani était désireux de négocier
- Joe Kent met en garde : la mort d’Ali Larijani pourrait susciter un soutien pour les Gardiens de la révolution islamique
Istanbul
AA / Istanbul / Berk Kutay Gokmen
Le défunt chef de la sécurité iranien, Ali Larijani, récemment tué par une frappe américano-israélienne, était désireux de négocier un accord avec les États-Unis, a déclaré mercredi l’ancien directeur du Centre national américain de contre-terrorisme.
Joe Kent, vétéran de 20 ans des forces spéciales de l’armée américaine et ancien officier paramilitaire de la CIA, qui a ensuite dirigé l’agence de contre-terrorisme, a tenu ces propos lors d’une interview avec le commentateur conservateur bien connu Tucker Carlson, le lendemain de sa démission.
« Nous venons de tuer, vous savez, Ali Larijani, qui était un négociateur, qui était désireux d’obtenir à nouveau un accord avec nous », a déclaré Joe Kent, exprimant son inquiétude que la mort du secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale iranien puisse susciter un soutien pour les Gardiens de la révolution islamique.
« Si vous donnez au CGRI une raison de prendre davantage le contrôle, et qu’ils obtiennent le soutien de la population, parce qu’encore une fois, vous tuez l’Ayatollah, ils peuvent dire : “Hé, le dernier était trop modéré. Regardez ce que ça nous a apporté. Donnez-nous plus, plus de contrôle.” Et le peuple iranien va se dire : “Eh bien, en fait, oui, je n’aime pas me faire bombarder par les Américains et les Israéliens. Peut-être que nous devons écouter le CGRI.” » a ajouté Kent.
Les autorités iraniennes ont indiqué que Larijani avait été tué mardi matin lors d’une frappe américano-israélienne qui a également coûté la vie à son fils Morteza, à son assistant Alireza Bayat, à plusieurs membres du personnel du conseil et à des gardes du corps.
Les États-Unis et Israël poursuivent depuis le 28 février une offensive conjointe contre l’Iran, ayant fait jusqu’à présent environ 1 300 morts, dont le guide suprême de l’époque, Ali Khamenei.
L’Iran a riposté par des frappes de drones et de missiles visant Israël, la Jordanie, l’Irak et des pays du Golfe abritant des installations militaires américaines, causant des pertes humaines et des dégâts aux infrastructures, tout en perturbant les marchés mondiaux et le trafic aérien.
Kent a également soulevé des questions concernant l’enquête sur la mort de l’activiste et influenceur américain d’extrême droite Charlie Kirk, survenue en septembre de l’année dernière, suggérant que celle-ci avait été interrompue.
Il a affirmé que la mort de Kirk, l’un des conseillers les plus proches du président américain Donald Trump et farouche opposant à une guerre contre l’Iran, qui aurait prôné au moins une réévaluation des relations des États-Unis avec Israël, méritait un examen plus approfondi.
« Il a été soudainement assassiné publiquement, et nous n’avons pas le droit de poser des questions à ce sujet », a-t-il déclaré.
« Il y a des questions sans réponse », a-t-il ajouté, précisant que l’enquête avait été stoppée avant que son équipe ne puisse « exploiter toutes les pistes restantes ».
*Traduit de l’anglais par Ayse Bashoruz
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