Khartoum: Washington évalue la situation avant de statuer sur les sanctions
-D'après le MAE soudanais, Washington envoie des délégations pour intensifier le dialogue avant la décision relative aux sanctions prévue le 12 octobre prochainMona Saanouni
02 Septembre 2017•Mise à jour: 04 Septembre 2017
SudanAA/Khartoum/Belirsiz Kişi
Le ministre soudanais des Affaires étrangères, Ibrahim Ahmad Ghandour, a déclaré samedi que les visites récentes des délégations américaines à Khartoum œuvrent à évaluer la situation, à quelques semaines de la date prévue pour la levée des sanctions américaines contre le Soudan.
C’est ce que ministre a déclaré, après avoir adressé un message de félicitations au vice-président soudanais, Bakri Hassan Saleh, à l’occasion de l’Aïd Al-Adha, au Palais de la République à Khartoum, indique l’agence de presse soudanaise officielle.
Ghandour a indiqué que les visites de différentes délégations au niveau de la décision américaine (exécutive et législative) au Soudan, visent à déterminer l’évolution du dialogue entre le Soudan et les Etats-Unis.
«Le but de ces visites est d’intensifier le dialogue » avant le 12 octobre, date prévue par la direction du président américain pour prendre une décision relative à la levée ou au maintien des sanctions imposées à Khartoum » a ajouté Ghandour.
Une délégation du Congrès américain a discuté, jeudi, avec Ghandour du cours des relations bilatérales, en se focalisant sur les réalisations faites par le gouvernement soudanais dans le cadre du plan à cinq volets.
Parmi ces volets figurent : la coopération de Khartoum avec Washington dans la lutte antiterroriste, la contribution dans l’instauration de la paix dans le Soudan du sud, qui s’est séparé du Soudan en 2011, en plus de la question humanitaire qui consiste à fournir de l’aide aux victimes des conflits armés au Soudan.
Le chef de l'agence de coopération américaine (gouvernementale) Mark Green a effectué une visite de trois jours au Soudan, débutée dimanche dernier.
Green est le plus haut responsable américain de la direction de Trump ayant effectué une visite à Khartoum. Durant sa visite, il a rencontré le vice-président et le ministre des Affaires étrangères soudanais, ainsi que les responsables de l’ONU. Il a, en outre, visité le Darfour du Nord (ouest) ainsi que les camps de réfugiés.
Avant son départ, l’ancien président américain Barack Obama (2009-2017) avait levé, partiellement, les sanctions commerciales et économiques imposées Khartoum depuis 1997 et 2006, ce qui a permis le retour des transactions bancaires entre les deux pays, et la reprise de l’échange économique.
Obama a maintenu les sanctions imposées contre le Soudan, en raison de son inscription sur la liste américaine des « pays qui soutiennent le terrorisme » depuis 1993, en réponse à l’accueil de Khartoum d’Oussama Ben Laden à l’époque, avec un délai de 6 mois, ayant pris fin en juillet dernier, pour examiner la situation et lever le reste des sanctions une fois pour toutes.
Néanmoins, son successeur Trump, qui est monté au pouvoir le 20 janvier dernier, a ordonné la prolongation de la période d’examen de la situation au Soudan, et le report de la décision relative aux sanctions économiques de trois mois supplémentaires.
Le Département d’Etat des Etats-Unis a lié ce report au « Dossier des Droits de l’Homme » tandis qu’il admet que le Soudan a réalisé «une évolution remarquable et intéressante » dans les cinq volets déjà convenus avec la direction d’Obama pour lever les sanctions.