Politique

Iran: une intervention militaire n'est "pas l'option privilégiée" pour la France

- « C’est au peuple iranien de se débarrasser de ce régime, et ce n’est pas à nous de choisir leurs dirigeants », a déclaré la ministre française déléguée aux Armées, Alice Rufo

Ben Amed Azize Zougmore  | 25.01.2026 - Mıse À Jour : 25.01.2026
Iran: une intervention militaire n'est "pas l'option privilégiée" pour la France

Istanbul

AA / Istanbul / Ben Amed Azize Zougmore

La France écarte l’hypothèse d’une intervention militaire en Iran, malgré la poursuite d’une répression sanglante dans le pays et les menaces répétées de frappes brandies ces dernières semaines par le président américain Donald Trump. « Ce n’est pas l’option privilégiée », a déclaré dimanche la ministre française déléguée aux Armées, Alice Rufo, lors de l’émission Le Grand Jury (RTL–Public Sénat–Le Figaro–M6).

Interrogée sur la position de Paris face à la crise iranienne, la responsable française a insisté sur le principe de non-ingérence politique. « C’est au peuple iranien de se débarrasser de ce régime, et ce n’est pas à nous de choisir leurs dirigeants », a-t-elle affirmé, soulignant que la priorité de la France restait le soutien au peuple iranien « de toutes les manières possibles », notamment par une mobilisation diplomatique et médiatique.

La ministre a également dénoncé les difficultés à établir un bilan précis de la répression en cours, en raison notamment de la coupure d’internet imposée depuis le 8 janvier par les autorités iraniennes. Cette mesure complique, selon elle, la documentation des « crimes massifs que le régime iranien a organisés contre sa population ».

Aucune donnée officielle globale sur le nombre de morts ou de blessés n’a été communiquée par les autorités iraniennes. De son côté, l’agence américaine Human Rights Activists News Agency (HRANA) a affirmé que 5 459 personnes ont été tuées et 40 887 arrêtées lors des événements.

Dans un communiqué publié le 21 janvier, l’Organisation médico-légale relevant de la Fondation iranienne des martyrs et anciens combattants a fait état de 3 117 décès, incluant des membres des forces de sécurité et des civils. Selon cette source, 2 427 personnes auraient été tuées par des « groupes terroristes armés », tandis qu’aucune précision n’a été fournie concernant 690 victimes.

La position française tranche avec celle de Washington, où Donald Trump a, à plusieurs reprises, évoqué la possibilité de frappes contre l’Iran en réaction à la répression, avant d’adopter un ton plus mesuré la semaine dernière. Paris entdent privilégier, pour sa part, une approche fondée sur le soutien politique et diplomatique aux Iraniens, sans recours à la force.

Dans un contexte régional déjà marqué par de fortes tensions, la France cherche ainsi à maintenir une ligne de prudence stratégique, tout en affichant sa solidarité avec la population iranienne confrontée à une répression de grande ampleur.

Les protestations ont débuté le 28 décembre 2025, à l’initiative de commerçants du Grand Bazar de Téhéran, en réaction à la chute rapide de la monnaie nationale face aux devises étrangères et à l’aggravation des difficultés économiques. Le mouvement s’est ensuite étendu à l’ensemble du pays.

À Téhéran, après la montée des tensions le 8 janvier, les autorités ont restreint l’accès à internet à l’échelle nationale.


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