AA - Paris - Bilal Muftuoglu
"Le contingent français n'est pas à interférer" au Burkina Faso après le coup d'Etat qui a eu lieu jeudi matin, a déclaré le président français, François Hollande.
Dans sa déclaration à la presse, en marge de son déplacement à l’occasion de la rentrée universitaire, à Saclay, le président français a dit "condamner fermement" le coup d'Etat au Burkina Faso, appelant encore à la libération des personnes détenues par la garde présidentielle, dont le président de la transition.
Rappelant qu'"un processus électoral était en cours" au Burkina Faso, Hollande a estimé qu'"il ne peut pas être expliqué que des groupes puissent empêcher cette transition".
"La France ne peut pas laisser faire ce qui se produit aujourd'hui", a encore tranché le président français, évoquant la "relation d'amitié" de la France à l'égard du Burkina Faso.
Interrogé sur une éventuelle intervention des forces françaises sur place ou un renforcement de sa présence militaire, notamment dans le cadre de l'opération Barkhane, Hollande a noté qu'aucun changement n'est en cours pour le moment.
La France envisage tout de même de maintenir sa présence militaire en Afrique de l'Ouest, "notamment pour lutter contre le terrorisme", a-t-il renchéri.
D'autre part, dans sa dernière édition de conseil aux voyageurs, le ministère français des Affaires étrangères a recommandé aux ressortissants français séjournant au Burkina Faso de "rester confinés à leur domicile" et de "reporter tout projet de voyage" depuis la France.
La garde présidentielle burkinabè qui retient le président de la transition Michel Kafando et son Premier ministre Isaac Zida depuis mercredi soir dans le palais présidentiel, a annoncé jeudi matin la démission du président intérimaire, la dissolution du gouvernement provisoire et la création d'une instance dirigeante.
Selon la déclaration, le Commandant Aziz Korogho dirige, considéré comme le numéro deux de la garde présidentielle, dirige désormais le pays sous le CND (Conseil national pour la démocratie), proclamant ainsi de facto un coup d'Etat.
Le Burkina Faso a ainsi vécu son 7e coup d’Etat en 54 ans d’indépendance, le dernier datant d'octobre 2014.