AA/Al-Quds/Abdel Ra'uof Arnaout
Pour le deuxième jour consécutif, le journal israélien "Haaretz" a continué de divulguer des informations sur la vente d’armes d’Israël au Myanmar, pays accusé par l’ONU de procéder à un nettoyage ethnique contre la minorité musulmane des Rohingyas.
Le journal a indiqué, mardi, que le régime du Myanmar avait conclu des transactions d’armes valant des dizaines de millions de dollars, avec des compagnies d’armes israéliennes.
"Haaretz" a cité des sources au sein des compagnies d’armement israéliennes, indiquant que «la valeur de la vente d’armes est de dizaines de millions de dollars ».
Il a ajouté, citant un officier lié aux accords de vente, que le Commandant de la Marine du Myanmar «avait effectué une visite en Israël l’année dernière, et a exprimé son admiration et son désir d’apprendre plus d’informations sur les armes israéliennes ».
«C’était la deuxième visite du Commandant de la Marine en 5 ans », a-t-il ajouté.
Le journal a souligné que la vente d’armes au Myanmar a été effectuée en dépit des restrictions imposées à la vente d'armes à ce pays, en raison «des crimes documentés par les Nations unies contre les musulmans Rohingyas ».
Haaretz avait indiqué, dans son édition du lundi, qu’Israël a vendu des armes au Myanmar utilisées dans les crimes de nettoyage ethnique contre la minorité Rohingyas.
Le journal a précisé que la marine du Myanmar a récemment publié, sur sa page officielle sur Facebook, « les photos des nouveaux navires de guerre achetés auprès d’Israël ».
« Il est clair, d’après les photos, que les armes affichées dans ces deux navires sont une production israélienne, dont des systèmes de tirs fabriqués par la compagnie israélienne de développement des armes « Rafael ».
Haaretz a souligné que ces navires de guerre sont considérés comme une partie d’un grand marché conclu entre Myanmar et Israël.
L’armée israélienne a, pour sa part, refusé de commenter cette information, selon le journal.
Haaretz a utilisé, mardi, une publication sur la page Facebook de la Marine du Myanmar, qui date de 6 mois, affirmant que le régime avait reçu deux navires de guerre de type ‘’Dvora MK III’’ ».
«La photo des deux navires sur Facebook dévoile également les armes qui ont été fixées sur les navires, qui indiquent qu’ils sont effectivement israéliens », selon le journal.
Il a ajouté «qu’il y a une plate-forme d'arme, fabriquée par Elbit, qui permet le tir de mitrailleuses lourdes ou de canons jusqu'à 30 mm ».
«Les nouveaux navires ne sont qu’une partie d’un plus grand marché conclu entre Israël et le Myanmar », a-t-il poursuivi.
Haaretz a souligné que le département de RAMTA au sein des industries militaires israéliennes qui fabrique le navire Dvora MK III, livrera deux autres navires à l’armée du Myanmar, sans mentionner une date.
«Selon quelques investigations sur le marché, ces navires seront fabriqués au Myanmar à l’aide de la technologie israélienne », a-t-il indiqué.
Il a noté que les industries d’armemement israéliennes avaient refusé de répondre à cette enquête.
L’activiste et avocat israélien Eitay Mack avait déclaré à Anadolu, au début du mois, que le gouvernement israélien refuse d’arrêter la vente d’armes au régime du Myanmar.
Mack avait soumis une pétition à la Cour suprême israélienne pour arrêter la vente d’armes au Myanmar.
Sa pétition avait dévoilé la vente d’armes, il a indiqué : «S’il n’y avait pas d’exportation d’armes au Myanmar, la Cour n’aurait pas continué à examiner cette affaire, parce qu’elle n’examine pas les choses virtuelles. Et s’il n’y avait pas de vente d’armes, la Cour ne serait pas réunie pour examiner la pétition ».
Il a ajouté que la Cour avait rendu une décision à cet égard, mais qu’elle refuse de l’annoncer.
Les Rohingyas sont victimes des attaques menées par l’armée du Myanmar et par les bouddhistes extrémistes, depuis le 25 août dernier, tuant des milliers et obligeant plusieurs autres à se déplacer, selon des activistes locaux.
L’ONU a indiqué que le nombre des réfugiés des musulmans Rohingyas ayant fui la violence au Myanmar vers le Bangladesh depuis août dernier, a atteint les 603 mille.
Le gouvernement de Myanmar considère que les musulmans Rohingyas sont « des migrants illégaux » du Bangladesh, tandis que l’ONU les classe comme étant « la minorité religieuse la plus opprimée au monde ».