Politique, Education

France/Éducation : jusqu’à 30 % d’enseignants en grève mardi contre les suppressions de postes

- Une mobilisation nationale jugée inégale selon les territoires, sur fond de tensions budgétaires et de dégradation des conditions d’enseignement

Serap Doğansoy  | 30.03.2026 - Mıse À Jour : 30.03.2026
France/Éducation : jusqu’à 30 % d’enseignants en grève mardi contre les suppressions de postes

Istanbul

AA / Istanbul / Serap Dogansoy

Jusqu’à 30 % des enseignants du premier degré public pourraient être en grève mardi en France pour protester contre les suppressions de postes et les fermetures de classes, selon le syndicat SNUipp-FSU.

Cette journée d’action s’inscrit dans une semaine de mobilisation lancée du 30 mars au 3 avril à l’appel de plusieurs organisations syndicales, FSU, Unsa, CFDT, CGT et SUD, dans les écoles, collèges et lycées.

La mobilisation devrait toutefois être « très disparate selon les départements », a indiqué la secrétaire générale du SNUipp-FSU, évoquant des niveaux de participation difficiles à anticiper. Plusieurs territoires, dont Paris, la Gironde, l’Aude et les Yvelines, annoncent néanmoins une forte mobilisation dans les écoles publiques.

Les syndicats dénoncent notamment les effets du budget 2026 de l’Éducation nationale, qui prévoit plusieurs milliers de suppressions de postes d’enseignants. Selon les données disponibles, environ 4.000 postes doivent être supprimés à la rentrée, dont 1.891 dans le premier degré (écoles maternelles et élémentaires) et 1.365 dans le second degré (collèges et lycées).

Ils pointent également l’absence de revalorisation salariale dans un contexte de retour de l’inflation, ainsi qu’une dégradation des conditions d’enseignement, marquée notamment par des classes plus chargées et une réduction de l’offre de formation.

Dans plusieurs académies, les premières déclinaisons locales de ces mesures ont déjà suscité des mobilisations depuis février, avec des fermetures de classes ou des suppressions de postes annoncées. Des établissements ont ainsi connu des mouvements de grève localisés, notamment dans les académies de Rennes, Lille ou Toulouse.

Les syndicats contestent par ailleurs la justification avancée par le gouvernement, qui invoque une baisse du nombre d’élèves, estimée à 1,7 % à la rentrée 2025, pour adapter les effectifs enseignants. Ils estiment au contraire que cette évolution démographique pourrait permettre de réduire le nombre d’élèves par classe.

La semaine d’action vise à peser sur les choix budgétaires du gouvernement, alors que se profilent déjà les discussions autour du budget 2027. Les organisations syndicales demandent des créations de postes et une revalorisation salariale sans contreparties.

Une carte des suppressions de postes par académie a par ailleurs été mise en ligne par les syndicats afin d’informer les personnels sur les impacts attendus à la prochaine rentrée scolaire.

Ce mouvement intervient dans un contexte de tensions persistantes dans le système éducatif français, marqué ces dernières années par des réformes successives, des contraintes budgétaires et des difficultés de recrutement.​​​​​​​

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