France : un policier condamné à Bobigny après des violences et propos racistes lors d’une interpellation
- Le tribunal correctionnel a prononcé une peine de huit mois de prison avec sursis et deux ans d’interdiction d’exercer sur la voie publique
Istanbul
AA / Istanbul / Adama Bamba
Un policier a été condamné par le tribunal correctionnel de Bobigny à huit mois de prison avec sursis, assortis de deux ans d’interdiction d’exercer sur la voie publique, pour des violences illégitimes et des propos racistes lors de l’interpellation d’un adolescent, selon un récit diffusé par France Inter dans le podcast « Dans le prétoire ».
Les faits ont été examinés par la 14e chambre, spécialisée dans les affaires impliquant des violences commises par des forces de l’ordre. Le fonctionnaire, prénommé Manuel, comparaissait pour avoir frappé et insulté un jeune de 17 ans, Ousmane, lors d’une interpellation survenue l’an dernier.
Dans son procès-verbal initial, le policier affirmait que l’adolescent avait tenté de s’enfuir à deux reprises, l’avait violemment repoussé et avait résisté à son menottage. Toutefois, une vidéo issue de sa caméra-piéton, déclenchée à son insu, a révélé une version des faits différente, montrant le policier proférant des insultes racistes avant de porter des coups au visage du jeune, resté silencieux.
L’enregistrement, d’une durée d’environ 16 minutes, a été diffusé à l’audience. À la barre, le policier a exprimé des regrets, affirmant avoir « honte » de son comportement et assuré qu’il ne se reconnaissait pas dans les images. Il a nié être raciste, expliquant avoir réagi de manière disproportionnée après avoir été, selon lui, moqué par un groupe de jeunes.
Interrogé par la présidente sur la fiabilité des procès-verbaux en l’absence d’enregistrement, le prévenu a reconnu une réaction « totalement disproportionnée ». Il a également évoqué des difficultés personnelles à l’époque des faits, notamment une séparation et l’absence de logement, précisant qu’il a depuis été retiré de la voie publique pour effectuer des tâches d’enquête.
Dans son jugement, le tribunal a estimé que ces faits graves portaient atteinte à la police nationale et à l’État, tout en relevant la sincérité des explications du prévenu.
