Politique, Sante

France / Secours d’urgence : des organisations alertent sur le projet de loi de décentralisation

- Samu, hôpitaux et ambulanciers estiment que la réforme envisagée pourrait modifier l’organisation actuelle des secours, tandis que les représentants des pompiers défendent un outil de coordination

Serap Doğansoy  | 12.03.2026 - Mıse À Jour : 13.03.2026
France / Secours d’urgence : des organisations alertent sur le projet de loi de décentralisation

Istanbul

AA / Istanbul / Serap Dogansoy

Une vingtaine d’organisations représentant notamment les services d’aide médicale urgente (Samu), les hôpitaux et les ambulanciers privés ont exprimé ce jeudi leurs inquiétudes quant aux conséquences d’un projet de loi de décentralisation sur l’organisation des secours aux personnes.

Dans une lettre ouverte adressée au Premier ministre Sébastien Lecornu, ces organisations indiquent que le texte, actuellement en cours d’arbitrages au sein de l’exécutif et annoncé pour le printemps, pourrait modifier l’organisation opérationnelle des secours.

La lettre est notamment signée par Samu Urgences de France, principal syndicat de médecins urgentistes, l’Association française des assistants de régulation médicale (Afarm), la Chambre syndicale nationale des artisans ambulanciers (CNSA), ainsi que la Fédération hospitalière de France (FHF).

Selon ces organisations, le projet de loi prévoirait de « confier la gestion opérationnelle » des secours aux personnes à des acteurs non médicaux.

D’après les informations recueillies par la presse française auprès de Samu Urgences de France et de la CNSA, la réforme envisagée pourrait notamment prévoir la mise en place dans chaque département d’une plateforme unique de réponse aux appels pour le 15, numéro d’urgence géré par le Samu pour les urgences médicales, et le 18, numéro géré par les sapeurs-pompiers.

Ces plateformes seraient placées sous l’autorité des préfets, représentants de l’État dans les départements.

Le projet de loi prévoirait également la mise en place d’un « contrat territorial du secours d’urgence », destiné à définir, à l’échelle départementale, les rôles respectifs des Samu, des services départementaux d’incendie et de secours (SDIS, qui regroupent les pompiers) et des ambulanciers privés dans la prise en charge des secours aux personnes.

Dans un communiqué publié début mars, la Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France (FNSPF) et l’Association nationale des directeurs de services d’incendie et de secours (ANDSIS) ont estimé que les inquiétudes exprimées par certains représentants des urgentistes et des ambulanciers étaient « incompréhensibles ».

Selon ces organisations, la réforme viserait à créer, à travers le contrat territorial, « un outil de coordination au service de l’efficacité collective ».

Elles ont également indiqué qu’« aucune disposition de ce projet de loi ne confie la prise en charge médicale des victimes à un acteur non médical » et que la régulation médicale resterait assurée par des médecins.



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