Mohamed Hedi Abidellaoui
26 Avril 2017•Mise à jour: 27 Avril 2017
AA/ Paris/ Souhir Bousbih
Le candidat En Marche à la présidentielle française, Emmanuel Macron, a effectué, mercredi, une visite mouvementée à Amiens (Nord), sa ville natale, pour rencontrer l’intersyndicale de l’usine Whirlpool, menacée de fermeture en 2018, a rapporté la chapine télévisée LCI.
Après la visite surprise de sa rivale au second tour Marine Le Pen sur le site de l’entreprise à la mi-journée, l’ancien ministre a tenté d’aller à son tour à la rencontre des salariés. Sauf que pour lui, l’accueil a été beaucoup moins chaleureux.
Sifflé par une partie des personnes présentes, Emmanuel Macron a essayé dans un premier temps de répondre aux questions des salariés, malgré les huées et les « Marine Présidente » en bruit de fond.
Une journaliste de LCI lui fait alors remarquer cet accueil pour le moins houleux, ce qui l’énerve: « Vous pouvez continuer comme ça, à taire les sifflets de Marine Le Pen à Runigis ; On aura chacun notre conscience à la fin. Je ne suis pas venu dans le dos de l’intersyndicale faire ma cerise. Marine Le Pen est venue un quart d’heure faire des photos faire son pain sur vous », a-t-il lancé à la journaliste.
Un mouvement d’humeur à l’image de la tension palpable sur le parking de l’usine, où les salariés étaient réunis. Après avoir essayé de répondre individuellement à chacun, puis crié, puis attrapé un mégaphone pour se faire entendre, Emmanuel Macron a finalement décidé de s’isoler des médias pour discuter au calme avec les salariés.
« Vous défendez quoi là ? Il n’y a rien du tout ! Pas de travail», lui lance un salarié excédé, quand l’ancien ministre de l’entreprise affirme au contraire vouloir défendre les entreprises et s’insurge contre Maine Le Pen et sa « promesse mensongère » de fermer les frontières pour sauver les 286 emplois de l’usine.
A un autre ouvrier qui lui explique se battre depuis cinq ans pour sauver sa tête, il répond : « Je ne suis pas venu pour faire de la démagogie. Je me suis occupé du cas Whirlpool quand j'étais ministre. Je vois la situation du pays comme vous, moi. On n'a pas su y répondre ». Et de poursuivre, en s’adressant plus largement à la foule : «Oui, rien n'est gagné. Je ne suis pas en train de vous dire que je peux sauver vos emplois. Mais je serai là pour défendre un plan social qui défend vos intérêts. Le risque, on va le prendre ensemble ».
Dans la même optique, il a promis aux salariés et délégués syndicaux, de revenir pour « rendre des comptes » même s’il n’est pas élu.
Dans cette bataille de l’image, Marine Le Pen a gagné des points mercredi, en s’affichant comme la «candidate du peuple », proche des préoccupations des ouvriers contre « la mondialisation sauvage » prônée, d’après elle, par Emmanuel Macron. Ce dernier, attendu mercredi soir pour un meeting à Arras (Nord), a onze jours avant le second tour pour faire oublier cette séquence difficile.