France : Macron réaffirme le soutien de la France au Liban lors de l’inauguration d’une exposition sur Byblos à Paris
- Emmanuel Macron a affirmé que la France demeurait pleinement mobilisée en faveur du Liban, estimant que « le combat du Liban aujourd’hui est juste »
Istanbul
Le président français Emmanuel Macron a réaffirmé, lundi, le soutien de la France au Liban, appelant à la fin des bombardements en cours, à l’occasion de l’inauguration de l’exposition « Byblos, cité millénaire du Liban » à l’Institut du monde arabe (IMA), à Paris.
Dans un discours mêlant hommage au patrimoine libanais et message politique sur la situation régionale, le chef de l’État français a souligné que Paris resterait engagé aux côtés de Beyrouth, tant sur le plan diplomatique que culturel et humanitaire.
L’exposition, initialement prévue en 2024 mais reportée en raison de la guerre, met à l’honneur la ville antique de Byblos, présentée comme l’un des symboles de la continuité historique et culturelle du Liban.
« La France se trouve une fois encore aux côtés du Liban »
Emmanuel Macron a affirmé que la France demeurait pleinement mobilisée en faveur du Liban, estimant que « le combat du Liban aujourd’hui est juste ».
« C’est pourquoi la France se trouve une fois encore aux côtés du Liban », a-t-il déclaré, en soulignant que cet engagement ne relevait pas seulement de l’amitié historique entre les deux pays, mais aussi d’un attachement au droit international, à la souveraineté des États et à la dignité humaine.
Le président français a également réitéré son soutien aux autorités libanaises, s’adressant directement au ministre libanais présent lors de la cérémonie, ainsi qu’au gouvernement et au président de la République du Liban.
« Rien ne doit justifier » une atteinte à la souveraineté du Liban
Macron a insisté sur le fait que le Liban devait rester seul maître de ses affaires internes, rejetant toute atteinte à son intégrité territoriale.
« Le Liban seul doit gérer ces problèmes et rien ne doit justifier qu’ils viennent violer son intégrité territoriale, sa souveraineté », a-t-il déclaré.
Il a ajouté que de telles atteintes ne faisaient que reproduire des schémas déjà connus par le passé, sans produire les effets escomptés par ceux qui les mettent en œuvre.
« Il n’y a pas de double standard en droit international »
Le chef de l’État a par ailleurs défendu une lecture universelle du droit international, affirmant que les principes de souveraineté et d’intégrité territoriale devaient être défendus partout de la même manière.
« Il n’y a pas de double standard en droit international », a-t-il martelé, estimant que les Européens perdraient en crédibilité s’ils défendaient ces principes en Europe sans les défendre avec la même fermeté au Liban ou ailleurs.
Il a également critiqué toute logique hégémonique justifiée au nom de la sécurité, considérant qu’elle ne saurait être acceptée dans aucune région.
Appel à la fin « des bombes » et de « l’opération terrestre en cours »
Évoquant la situation sécuritaire, Emmanuel Macron a déclaré que la France poursuivait ses efforts pour obtenir la cessation des hostilités.
Il a affirmé que Paris agissait « pour que cessent les bombes, pour que cesse l’opération terrestre en cours et pour que l’intégrité territoriale du Liban soit recouvrée ».
Le président a rappelé l’aide humanitaire déjà apportée par la France ces dernières semaines en faveur des déplacés et des régions touchées par les violences, assurant que ce soutien se poursuivrait.
Selon lui, seule la restauration pleine et entière de l’intégrité territoriale du Liban permettrait de construire une paix durable et de garantir la sécurité de tous dans la région.
« Aucune occupation, aucune forme de colonisation (…) ne saurait assurer la sécurité »
Dans l’un des passages les plus politiques de son discours, Macron a déclaré qu’« aucune occupation, aucune forme de colonisation, ni ici, ni en Cisjordanie, ni ailleurs, ne saurait assurer la sécurité de qui que ce soit ».
Par cette déclaration, il a élargi son propos au-delà du seul Liban, en évoquant également la situation dans les territoires palestiniens occupés.
Le président français a aussi affirmé ne pas oublier Gaza, appelant à un rétablissement complet de l’aide humanitaire dans l’enclave palestinienne.
Il a estimé que « la seule voie de la paix » restait celle de la « reconnaissance politique », qu’il a présentée comme le choix de la France et, selon lui, celui que devrait suivre l’ensemble de la communauté internationale.
Byblos, « métaphore » du destin du Liban
Au-delà des considérations diplomatiques, Emmanuel Macron a longuement évoqué la portée symbolique de l’exposition, voyant dans Byblos une illustration du destin libanais.
Selon lui, la cité antique rappelle la capacité du Liban à résister aux empires et à la brutalité par « l’innovation, la culture, la capacité à inventer, à transmettre », mais aussi par une forme de syncrétisme et de coexistence.
Il a estimé que le Liban portait un message singulier dans la région : celui d’une possibilité de vivre ensemble malgré les appartenances religieuses et culturelles, dans un même projet national fondé sur le respect.
« Rien ne peut résister à la culture »
Le président français a également salué la tenue de l’exposition malgré la guerre et les obstacles logistiques rencontrés pour son organisation.
« Rien ne peut résister à la culture », a-t-il déclaré, rendant hommage aux équipes libanaises et françaises ayant permis de concrétiser le projet malgré les bombardements, le report de l’exposition et l’absence de certaines pièces.
L’exposition, a-t-il dit, incarne à la fois « la résistance d’une civilisation » face à la brutalité et « l’entêtement magnifique » de celles et ceux qui ont refusé de céder à l’effacement culturel.
Hommage à Lionel Jospin en ouverture du discours
En ouverture de son intervention, Emmanuel Macron a également rendu hommage à l’ancien Premier ministre Lionel Jospin, dont le décès a été annoncé dans la matinée.
Le chef de l’État a évoqué « l’émotion » et « le respect de la nation tout entière », précisant qu’un hommage national lui serait rendu jeudi.
Une exposition reportée par la guerre
Prenant la parole avant Emmanuel Macron, le ministre libanais de la Culture, Ghassan Salamé, a salué la présence du président français comme un « témoignage d’amitié et de solidarité ».
Il a rappelé que l’exposition avait été rendue possible malgré « une première tentative interrompue par la guerre de 2024 » et une actualité qu’il a qualifiée de « toujours aussi tragique ».
Ghassan Salamé a également souligné que la tenue de l’exposition allait au-delà d’un simple événement culturel, y voyant un acte de préservation d’une mémoire menacée par la guerre et un symbole de la coopération franco-libanaise.
Organisée par l’Institut du monde arabe, en partenariat notamment avec le musée du Louvre et les autorités libanaises compétentes en matière d’antiquités, l’exposition met en lumière l’histoire de Byblos, l’une des plus anciennes villes habitées du monde, ainsi que sa place dans l’histoire du bassin méditerranéen.
