France : la polémique sur les propos visant Bally Bagayoko enfle, CNews rejette toute accusation de racisme
- L’ancien maire Kofi Yamgnane, l’un des premiers élus noirs du pays, s’est dit "attérré", tandis que CNews conteste formellement toute accusation de racisme, assurant que les extraits ont été "tronqués" et « sortis de leur contexte"
Istanbul
AA / Istanbul / Ben Amed Azize Zougmore
La polémique autour des propos tenus contre le maire insoumis de Saint-Denis, Bally Bagayoko, se poursuit avec son lot de réactions et de condamnations. Après le ministre français de l’Intérieur Laurent Nunez et la ministre de la Culture, Kofi Yamgnane, ancien maire et l’un des premiers élus noirs de France, exprime ce lundi son indignation.
« Je me doutais que la lutte contre le racisme n’était pas vraiment gagnée, mais quand même à ce point-là… je suis tombé des nues », a déclaré l’ancien maire de Saint-Coulitz (Finistère), qui s’est particulièrement dit « attérré » sur France Inter.
« Je pensais qu’on avait dépassé ce type de comportement », a-t-il regretté.
De son côté, la chaîne d’information en continu française CNews, dont le plateau a été le théâtre de ces propos, a de nouveau formellement contesté ce lundi les accusations de propos racistes.
« Suite aux polémiques suscitées par certaines séquences diffusées à l’antenne les vendredi 27 et samedi 28 mars, CNEWS conteste formellement que de quelconques propos racistes aient été tenus », indique la chaîne dans un communiqué publié sur la plateforme sociale X.
Allant plus loin, la chaîne affirme que les extraits largement relayés sur les réseaux sociaux et dans certains médias ont été tronqués et sortis de leur contexte, altérant ainsi leur sens initial.
Élu dès le premier tour des municipales à Saint-Denis-Pierrefitte (Seine-Saint-Denis) face au maire sortant PS Mathieu Hanotin, offrant ainsi à La France insoumise sa plus grande ville, Bally Bagayoko est la cible de plusieurs attaques jugées racistes.
Vendredi 27 mars, sur le plateau de CNews, Jean Doridot a déclaré : « C’est important de rappeler que l’Homo sapiens, nous sommes des mammifères sociaux et de la famille des grands singes. Et par conséquent, dans toute collectivité, dans toute tribu (…) il y a un chef qui a pour mission d’installer son autorité. »
Le lendemain, le philosophe Michel Onfray a évoqué l’attitude de « mâle dominant » de Bally Bagayoko, ajoutant qu’elle était « très tribale ».
En réaction, la présidente du groupe LFI à l'Assemblée nationale, Mathilde Panot, a annoncé la saisine de l’Arcom, le régulateur français de l’audiovisuel et du numérique.
Dans ce contexte, Bally Bagayoko a annoncé dimanche soir l’organisation d’un grand « rassemblement citoyen » contre le racisme et les discriminations, prévu samedi sur le parvis de l’hôtel de ville.
« Il faut absolument qu’on soit conscients du fait que l’extrême droite ne cesse de se propager et qu’aujourd’hui, la situation est à un tel niveau qu’il nous faut absolument un sursaut », a-t-il déclaré. « Nous ne laisserons pas faire. »
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