France: l’Iranienne Mahdieh Esfandiari condamnée à un an de prison ferme et une interdiction définitive du territoire
- Cette peine pourrait avoir une répercussion sur la situation des deux Français Cécile Kohler et Jacques Paris, assignés à l’ambassade de France en Iran. Téhéran avait publiquement un échange entre la traductrice de 39 ans et les Français
Istanbul
AA / Istanbul / Ben Amed Azize Zougmore
Le tribunal correctionnel de Paris a condamné, jeudi 26 février, Mahdieh Esfandiari à un an de prison ferme assorti d’une interdiction définitive du territoire français pour « apologie du terrorisme ».
Lors de l’audience du 16 janvier, le parquet avait requis quatre ans d’emprisonnement, dont trois avec sursis, ainsi qu’une interdiction définitive du territoire. La procureure avait toutefois estimé qu’un retour en détention n’était pas nécessaire, l’accusée ayant déjà effectué huit mois de détention provisoire.
Âgée de 39 ans, née en Iran et arrivée en France en 2018, Mahdieh Esfandiari, traductrice de profession, était jugée aux côtés de quatre autres personnes, dont l’essayiste Alain Soral, pour des faits d’apologie en ligne d’un acte de terrorisme après des propos relatifs au 7 octobre, de provocation directe en ligne à un acte de terrorisme, d’injure publique en raison de l’origine ou de la religion, ainsi que d’association de malfaiteurs.
Selon l’accusation, elle aurait alimenté en 2023 et 2024 les comptes liés à l’organisation dite « Axe de la résistance » sur les réseaux sociaux ainsi que sur le site Égalité et Réconciliation, fondé par Alain Soral. À la barre, elle a reconnu être à l’origine d’une chaîne Telegram portant ce nom, tout en contestant être l’autrice des publications incriminées.
- Téhéran évoque un échange de prisonniers
Les autorités iraniennes estiment de leur côté que leur ressortissante a été injustement détenue et ont publiquement demandé son échange contre les Français Cécile Kohler et Jacques Paris, détenus en Iran.
Fin novembre, le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghtchi, a déclaré à la chaîne française France 24 qu’« un accord » avait été négocié entre Téhéran et Paris concernant un éventuel échange. « Tout est prêt. Nous attendons que le processus judiciaire s’achève en France », a-t-il affirmé, précisant que, selon la législation iranienne, des échanges de prisonniers peuvent intervenir « sur la base des intérêts nationaux ».
Interrogé quelques heures après le prononcé du verdict, le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères a indiqué ne pas avoir « de commentaires à faire sur les conséquences du jugement en espèce » lors du point de presse hebdomadaire du Quai d’Orsay.
