France: Emmanuel Macron estime que La France insoumise est bien à « l’extrême gauche »
- Le président français a estimé que La France insoumise relève de "l’extrême gauche", soutenant ainsi la récente classification opérée par le ministère de l’Intérieur. Jean-Luc Mélenchon avait dénoncé "des lettres dignes d’une république bananière"
Istanbul
AA / Istanbul / Ben Amed Azize Zougmore
Le président français Emmanuel Macron s’est aligné dimanche sur la position du ministère de l’Intérieur concernant la classification de La France insoumise (LFI) dans le bloc « extrême gauche », estimant que le mouvement se situe « à l’extrême gauche ».
Au micro de Radio J, dans un entretien exclusif au cours duquel il est revenu sur les principaux sujets d’actualité, le chef de l’État français s’est dit « très clair » sur la question.
« Il n’y a pas tellement de mystère. La France insoumise est à l’extrême gauche », a déclaré Emmanuel Macron. « Quand des Français élisent des parlementaires et mettent des gens dans les institutions, on ne peut pas les exclure. Mais je constate que, dans les positions qu’ils prennent, en particulier sur l’antisémitisme, ils contreviennent à des principes fondamentaux de la République, à des valeurs de la République », a-t-il poursuivi.
Ces déclarations interviennent alors que le ministère français de l’Intérieur a publié début février une circulaire classant les candidats investis par LFI dans le bloc « extrême gauche » pour les élections municipales, alors qu’ils étaient jusqu’ici rattachés au bloc « gauche ».
Répondant à Emmanuel Macron, le coordinateur de La France insoumise, Manuel Bompard affirme que ce n'est "pas au président de la République de classer ses opposants politiques". Le chef de l'Etat "fait du Donald Trump, quand on n'est pas d'accord avec lui on est extrémiste", a ajouté Manuel Bompard sur le plateau de LCI, balayant également les accusations d'antisémitisme relayées par Emmanuel Macron.
"Aucun militant de La France insoumise n'a jamais été condamné pour antisémitisme", a-t-il conclu.
Cette nouvelle classification, qui place LFI dans le même bloc que des formations telles que le Nouveau Parti anticapitaliste (NPA), Lutte ouvrière ou encore le Parti ouvrier indépendant, a suscité une vive réaction au sein de l'opinion publique française.
« Des lettres dignes d’une république bananière », avait réagi le fondateur de LFI, Jean-Luc Mélenchon, dans un message publié sur la plateforme sociale américaine X. Le mouvement a également annoncé un recours devant le Conseil d’État.
Plus largement, les propos d’Emmanuel Macron s’inscrivent dans un contexte de tensions politiques persistantes en France, notamment autour des prises de position relatives à la situation dans la bande de Gaza. La France insoumise continue de dénoncer les actions du gouvernement israélien dans l’enclave palestinienne, ce qui alimente les controverses sur la scène politique nationale.
À l’international, les diplomates ne sont pas en reste, comme en témoigne la situation de la rapporteuse spéciale pour les territoires palestiniens, Francesca Albanese, attaquée par la France et poussée à la démission sur la base de propos qu’elle n’a pourtant pas tenus.
Alors que le locataire de l’Élysée adopte une position globale à l’égard de La France insoumise, interrogé par ailleurs sur la possibilité que le Rassemblement national, premier groupe d’opposition à l’Assemblée nationale, puisse entrer dans « l’arc républicain », le chef de l’État français s’est montré plus nuancé. Il a souligné que « certains d’entre eux ont des expressions, défendent des idées qui contreviennent aux principes de la République ».
« Je me garderai bien de tout raccourci, mais je serai simple au fond : rien ne justifie l’antisémitisme », a-t-il ajouté, rappelant que « ces parlementaires sont là parce que les Français l’ont voulu ».
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