Politique

France : Alexandre Benalla renvoyé en correctionnelle dans l’affaire des passeports

- Il est poursuivi pour « usage public et sans droit de documents justifiant d’une qualité professionnelle » concernant deux passeports diplomatiques en sa possession et « faux et usage de faux » concernant son passeport de service.

Lassaad Ben Ahmed   | 27.01.2021
France : Alexandre Benalla renvoyé en correctionnelle dans l’affaire des passeports

France

AA / Nice / Feïza Ben Mohamed

L’ancien chargé de mission de l’Elysée, Alexandre Benalla, est renvoyé en correctionnelle dans l’affaire dite « des passeports », selon une information rapportée mercredi par la presse française.

Il est poursuivi pour « usage public et sans droit de documents justifiant d’une qualité professionnelle » concernant deux passeports diplomatiques en sa possession et « faux et usage de faux » concernant son passeport de service.

Le journal "Le Monde" a révélé que la décision de son renvoi devant un tribunal correctionnel date de lundi et fait suite à une demande formulée par le parquet de Paris en septembre dernier.

Alexandre Benalla est notamment accusé d’avoir continué à utiliser ses passeports diplomatiques après sa mise en examen, intervenue en juillet 2018, suite à des violences commises sur des manifestants le 1er mai de la même année.

En dépit de son licenciement, et des répercussions médiatico-judiciaires en cours, l’ancien chargé de mission de la présidence française avait continué à user de ses passeports.

S’agissant des passeports de service, Benalla est soupçonné d’avoir trompé sa hiérarchie pour se les voir accorder.

Mediapart révèle en outre que les passeports diplomatiques ont été utilisés pour entrer dans plusieurs pays africains.

Cette affaire fait en effet partie d’une longue liste de griefs reprochés à Alexandre Benalla.

L’homme, qui a longtemps assuré la sécurité du président Emmanuel Macron, est également poursuivi dans l’affaire des violences sur des manifestants, ainsi que pour un selfie pris avec une arme à feu pendant la campagne présidentielle de 2017.

Pour rappel, l’ancien chargé de mission de l’Elysée a été placé sous les projecteurs depuis que le journal "Le Monde" avait révélé en juillet 2018 une vidéo montrant qu’il s’était livré à des violences sur des manifestants, alors qu’il y assistait aux côtés des forces de l’ordre en tant que simple observateur et n’était nullement habilité à participer aux opérations de police sur place.

Sur les images que l'Agence Anadolu a pu consulter, Alexandre Benalla porte un brassard « POLICE » et utilise un talkie-walkie alors qu’il n’est pas policier. Il n’en fallait pas moins pour déclencher un véritable séisme politique.

Pour ces faits, l’Elysée avait indiqué dans un communiqué que l’intéressé avait été sanctionné par une mise à pied de 15 jours, effectuée en mai, avant de reconnaître face au Sénat que le salaire de Benalla n’avait en réalité pas été amputé par cette sanction.

Alexandre Benalla a toutefois été licencié par la présidence de la République après qu’il se soit procuré illégalement les vidéos de surveillance qui l’incriminaient suite aux révélations faites par le journal "le Monde".

Il a été mis en examen aux côtés de trois autres gradés de la police nationale, soupçonnés de l’avoir aidé dans l’accaparement illégal desdits vidéos.

Après plusieurs jours de silence, le président Macron était réapparu devant les députés de sa majorité en leur expliquant que « s’ils cherchent un responsable, le responsable c’est moi et moi seul », avant d’ajouter : « ce qui s’est passé le 1er mai a été pour moi une trahison ».

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