Face aux appels à la démission, le Premier ministre britannique affirme ne pas être « prêt à renoncer » à son mandat
- Keir Starmer assure aux députés travaillistes qu’il restera en fonction malgré les critiques de ses « détracteurs »
Greater London
AA / Londres / Aysu Bicer
Résistant aux appels à la démission, le Premier ministre britannique Keir Starmer a déclaré lundi qu’il n’était « pas prêt à renoncer » à son mandat de chef du gouvernement, alors qu’il tente de consolider le soutien au sein de son parti dans le sillage du scandale Peter Mandelson.
S’exprimant lors d’une réunion des parlementaires du Parti travailliste, il a mis en avant son parcours dans ses précédentes fonctions et au sein du parti, déclarant : « J’ai remporté tous les combats que j’ai menés. »
Il a notamment évoqué son passage au Crown Prosecution Service ainsi que ses efforts pour réformer le Parti travailliste, ajoutant : « On m’a dit que je n’y arriverais pas. Puis, progressivement, on a dit que je pourrais peut-être franchir la ligne. Nous avons gagné avec une majorité écrasante. Tous les combats que j’ai menés, je les ai gagnés. »
Reconnaissant la persistance des critiques, il a affirmé avoir fait face à des « détracteurs à chaque étape du parcours, et j’en ai encore aujourd’hui ».
Il a ajouté : « Des détracteurs qui ne veulent pas d’un gouvernement travailliste, et certainement pas d’un gouvernement travailliste qui réussisse. »
« Mais je vais vous dire une chose : après m’être battu aussi durement pour avoir la chance de changer notre pays, je ne suis pas prêt à renoncer à mon mandat et à ma responsabilité envers mon pays, ni à nous plonger dans le chaos, comme d’autres l’ont fait », a-t-il conclu.
La semaine dernière, Keir Starmer avait déclaré être « désolé » d’avoir cru aux « mensonges » de Mandelson et de l’avoir nommé ambassadeur aux États-Unis, alors que la pression s’intensifiait après qu’il a admis avoir été au courant des liens de Mandelson avec le délinquant sexuel condamné Jeffrey Epstein, décédé en 2019.
Mandelson a été limogé en septembre, mais des documents récemment publiés dans le cadre des dossiers Epstein ont suggéré qu’il avait partagé des informations confidentielles avec Epstein lorsqu’il occupait le poste de secrétaire britannique au Commerce en 2009.
Mandelson a également quitté la Chambre des lords ainsi que le Parti travailliste lui-même.
Le mois dernier, le département américain de la Justice a rendu publics plus de trois millions de pages, 2 000 vidéos et 180 000 images en vertu de la loi sur la transparence des dossiers Epstein, promulguée en novembre dernier.
Ces documents comprennent des photos, des transcriptions de grands jurys et des dossiers d’enquête, bien que de nombreuses pages restent lourdement expurgées. Des survivants d’Epstein et des proches des victimes estiment que cette publication ne répond pas aux exigences de la loi et omet de nombreuses informations essentielles.
* Traduit de l'anglais par Adama Bamba
