Politique

En France, l'islamophobie est « devenue structurelle » selon la députée Léa Balage El Mariky

- La députée écologiste, Léa Balage El Mariky dénonce la généralisation du soupçon visant les citoyens musulmans et l’« essentialisation » qui nourrit la hausse des actes et discours islamophobes en France

Serap Doğansoy  | 30.11.2025 - Mıse À Jour : 30.11.2025
En France, l'islamophobie est « devenue structurelle » selon la députée Léa Balage El Mariky

Istanbul

AA / Istanbul / Serap Dogansoy

La députée écologiste Léa Balage El Mariky a réagi, dans un message diffusé sur le réseau social américain, Instagram, à la hausse des discours visant les personnes musulmanes en France, en rappelant une intervention qu’elle avait prononcée le 26 mars lors d’un débat parlementaire consacré à la haine anti-musulmans et à l’islamophobie.

Dans ce message, l’élue estime que « le soupçon généralisé pèse » sur les citoyens de religion musulmane et que « chaque jour un message leur est adressé : vous êtes de trop, faites-vous oublier ». Elle affirme également que « chaque femme portant le voile devient un problème », qu’« un prêche est perçu comme un danger potentiel » et que « chaque association » liée au culte musulman est parfois considérée comme « une menace pour la République ».

Cette suspension permanente du droit commun, estime-t-elle, « cadenasse la pensée », empêche la société d’assumer son pluralisme et transforme la nation « en forteresse défensive ».

- Des alertes déjà formulées en mars à l’Assemblée

La députée renvoie à son discours du 26 mars à l’Assemblée nationale, prononcé dans le cadre d’un débat sur la haine anti-musulmans.
Elle y alertait déjà sur la « généralisation du soupçon » visant les personnes perçues comme musulmanes et citait des auditions selon lesquelles « 50 % » d’entre elles déclarent subir des discriminations dans leur quotidien.

L’élue évoquait alors des discriminations touchant plusieurs secteurs, notamment l’école, la banque, l’assurance, le sport, les médias, ainsi que la place des discours politiques dans l’alimentation de ces perceptions.
Elle mentionnait également les actes anti-musulmans recensés par les associations et institutions, allant des discriminations à l’embauche aux profanations de lieux de culte.

- Un phénomène régulièrement signalé par les institutions et associations

La prise de parole de Léa Balage El Mariky intervient dans un contexte marqué par une multiplication de réactions politiques et médiatiques autour du traitement des questions liées à l’islam et à la place du culte musulman dans l’espace public.

Elle regrette que la notion même d’« islamophobie » fait l’objet de controverses récurrentes, estimant que « le mot dérange plus que la réalité qu’il désigne ». Elle appelle à dépasser les débats sémantiques pour reconnaître le phénomène documenté par les auditions parlementaires.
Plusieurs organisations de défense des droits, dont la CNCDH, alertent régulièrement sur la hausse des actes islamophobes et sur la responsabilité des discours politiques dans leur banalisation.

Dans son message, la députée rappelle que « la lutte contre l’islamophobie n’est pas une option, c’est un devoir », renvoyant les internautes à la vidéo de son intervention parlementaire.



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