Mona Saanouni
03 Novembre 2017•Mise à jour: 04 Novembre 2017
AA/Washington
Les députés du Sénat (Chambre haute du Congrès américain) ont dévoilé des législations prévoyant d’imposer des sanctions aux hauts militaires au sein de l’armée du Myanmar, peu avant le début de la première tournée asiatique du président américain Donald Trump, depuis sa prise de fonction en janvier dernier.
L’agence américaine Associated Press a indiqué, vendrredi, que les "législations proposées hier jeudi contiennent des restrictions de voyage des militaires birmans afin de garantir la suspension des violences, en plus de lois obligeant l’acheminement d’aides alimentaires aux musulmans Rohingyas, que ce soit au Myanmar ou aux réfugiés au Bangladesh".
Les députés américains ont argumenté que leurs propositions interviennent en raison des "massacres et des violations graves commis par l’armée du Myanmar contre la minorité musulmane des Rohingyas dans l’Etat d’Arakan".
Les sanctions et législations sont soutenues par plusieurs membres du Sénat, en l’occurrence le président de la Commission des forces armées, le sénateur républicain John McCain et le vice-président de la Commission des relations extérieures, le sénateur démocrate, Ben Cardin.
Hier jeudi, la porte-parole du département d'Etat américain, Heather Nauert, avait annoncé que le Secrétaire d’Etat, Rex Tillerson, se rendra au Myanmar le 15 novembre pour discuter de la crise des Rohingyas.
Elle avait souligné que Tillerson se rendra tout seul au Myanmar, en dépit de sa participation à la tournée asiatique de Trump, qui commence, vendredi, et qui comprend le Japon, la Corée du Sud, la Chine, le Vietnam, les Philippines.
Depuis le 25 août dernier, l'armée birmane perpétue des massacres et des répressions, qualifiés de "génocide", contre les musulmans Rohingyas dans l’Etat d'Arakan, dans le sud du Myanmar, tuant et blessant des milliers de civils, selon les militants d'Arakan, selon des activistes locaux.
Les violations ont obligé plus de 820 mille personnes à s’enfuir au Bangladesh, selon les données les plus récentes de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM).
Le gouvernement du Myanmar considère les musulmans Rohingyas comme des "immigrants clandestins en provenance du Bangladesh", tandis que les Nations Unies les considèrent comme étant "la minorité religieuse la plus persécutée au monde".