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Dans le Nord-Mali, la Minusma paie le prix de la guerre internationale contre l'EIIL

"A la manière des coalitions internationales qui combattent le djiahdisme partout, le raisonnement des groupes djihadiste devient également totalitariste: ils combatteront partout les forces internationales"

08.10.2014
Dans le Nord-Mali, la Minusma paie le prix de la guerre internationale contre l'EIIL

AA/ Bamako/ Moussa Bolly

Au Nord du Mali, les contingents tchadiens et nigériens de la Minusma sont régulièrement attaqués par les groupes armés qui sévissent dans la zone et poursuivent ainsi l'objectif de provoquer le départ de ces contingents qui constituent, de par leur effectif, l'ossature de la force onusienne au Mali (Minusma).

La recrudescense de ces attaques intervient, par ailleurs, alors qu'une coalition internationale entreprend une intervention militaire contre l'organisation terroriste de l'Etat Islamique en Irak et au Levant (EIIL), entité que le MUJAO (Mouvement de l'Unicité et du Jihad en Afrique de 'lOuest), principal groupe djihadiste actif dans le Nord-Mali et affilié à Al-Qaeda, a déclaré soutenir, selon des rapports de presse.

«Les Tchadiens ont énormément contribué à la reconquête du Nord du Mali en faisant preuve de grandes qualités guerrières. Et dans la Minusma, rares sont les troupes aguerries aux combats dans le désert comme les Tchadiens et les Nigériens» a souligné, dans une déclaration à Anadolu, Alpha ly, chroniqueur dans la presse malienne et consultant sur les questions de sécurité dans le nord du Mali et dans la bande sahélo-saharienne «Le but des attaques est d'infliger à ces contingents le maximum de pertes afin d’amener l’opinion nationale de ces pays à réclamer leur retrait».

De fait, après la mort de dix de ses soldats en trois semaines, le gouvernement du Tchad avait publiquement dénoncé, le 19 septembre, le traitement «discriminatoire» réservé à ses troupes au sein de la Minusma.

Vendredi, une embuscade tendue par des éléments armés a fait 9 morts et plusieurs blessés dans les rangs du contingent nigérien sur l’axe Ménaka-Ansongo (région de Gao, Nord-Est du pays). C’est la plus grande perte jusque-là infligée à la Minusma par les attaques terroristes dans le septentrion du Mali.

"Entre le 27 mai et le 15 septembre, les locaux et le personnel de la mission ont au total fait l'objet de 27 attaques", avait indiqué le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon dans son dernier rapport sur la situation au Mali diffusé en septembre, avant l'assaut qui a fait cinq morts parmi des soldats tchadiens, le 18 septembre, par l'explosion d'une mine au passage de leur véhicule.

D'après le même rapport, la force onusienne au Mali compte près de 9 300 militaires et policiers, dont 1211 Tchadiens et 868 Nigériens. Un retrait des Tchadiens et des Nigériens serait ainsi une victoire pour les gruopes djihadistes, la force onusienne perdant ainsi ses éléments les plus nombreux et les plus aguerris.

Dans une déclaration à une agence de presse occidentale, Sultan Ould Bady, le djihadiste qui a revendiqué l'attaque de vendredi dernier "si les ennemis ne quittent pas la terre d'islam, ils n'auront jamais la paix" a déclaré le membre du MUJAO "Au nom de tous les moujahidine, nous avons attaqué les soldats du gouvernement (nigérien) qui travaille avec les ennemis de l'islam.

Pour un officier des Forces Armées du Mali (FAMA) ayant requis l'anonymat, "cette attaque s'inscrit également dans un contexte international, où le djihadisme est combattu à une échelle internationale, notamment l'EIIL. A la manière de ces coalitions qui combattent le djiahdisme partout, le raisonnement des groupes djihadistes devient également totalitariste: ils combatteront partout les forces internationales" a-t-il déclaré à Anadolu.

Ce dernier conclut ainsi que "la Minusma paye non seulement la guerre menée par la coalition internationale contre l'EIIL, mais aussi les frais du manque de logistique".

«Cela se paie cash dans ce genre de mission. La preuve est qu’elle ne parvient pas à bien se déployer au Nord du Mali conformément à sa mission.» détaille la même source «Et cela parce que les moyens logistiques, notamment la surveillance aérienne et les véhicules blindés, manquent pour accompagner ces déploiements».

De l'avis de cet expert, un renforcement du dispositif logistique de la MINUSMA est indispensable. Mutualiser les moyens sur le terrain et faire en sorte que les différentes forces sur le terrain agissent en synergie est, en outre, "vital".

«Il faut plus de complémentarité et surtout plus de cohésion entre les forces de la Minusma et l’opération française Barkhane (force française au Mali). Ce sera un gage d’efficacité sur le front et aussi de sécurité pour les différents contingents» a précisé l’officier des FAMA.

«Cette attaque fait peur parce que c’est la première du genre dans la région de Gao où la Minusma est omniprésente. Jusque-là, elle avait subi des attentats dans les régions de Tombouctou (Ouest de Gao) et de Kidal (Nord de Gao). L’attaque d’un convoi sur un important axe routier, prouve que les terroristes se sont réorganisés et surtout qu’ils ont repris confiance», analyse, pour sa part, Alpha ly,

 
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