AA / Berlin / Paris
L’Allemagne et la France ont vivement dénoncé les condamnations à mort prononcées, lundi, par un tribunal égyptien à l‘encontre des partisans du président égyptien destitué Mohamed Morsi.
Dans une déclaration rendue publique, lundi, le ministre allemand des Affaires étrangères, Franc-Walter Steinmeier a « fermement dénoncé » ces décisions, affirmant que ces « jugements ont fait fi des principes de l’Etat de Droit ».
« A travers ces décisions, les autorités égyptiennes conduiront le pays vers l’instabilité et favoriseront la désunion sociale et politique, avant la tenue de l'élection présidentielle prévue au mois de mai prochain », lit-on dans le même communiqué.
« L’Ambassadeur égyptien à Berlin serait convoqué" afin de lui communiquer notre souhait de voir les autorités égyptiennes "annuler les jugements prononcés et établir un procès équitable à tous les accusés », poursuit le ministre allemand.
Dans le même contexte, le ministère français des Affaires étrangères s’est dit « profondément préoccupé» par les jugements rendus lundi, indique un communiqué du Quai d'Orsay, appelant les autorités égyptiennes à "respecter les instruments internationaux des droits de l’Homme, dont ceux relatifs aux droits de défense et en conformité avec les lois et la Constitution égyptiennes".
Le tribunal d’Al-Minya avait décidé lundi, de transférer les dossiers de 683 partisans du président destitué Mohamed Morsi, dont le Guide général de la Confrérie des «Frères Musulmans» Mohamed Badie, au Mufti d’Egypte, en prélude à leur exécution. Par ailleurs, le tribunal a condamné à mort 37 sympathisants de Morsi et à la prison à perpétuité 491 autres accusés, selon des sources judiciaires.
Le transfert des dossiers au Mufti en droit égyptien est synonyme d’exécution. L’avis de l’autorité religieuse n’est que consultatif et n’engage en rien le juge qui pourrait confirmer la sentence en dépit de son rejet par le Mufti.
Les mêmes sources ont souligné que « le tribunal a condamné à mort 37 partisans de Morsi dans une autre affaire et à la perpétuité (25 ans) 491 sympathisants » du président déchu.