AA / Le Caire / Hajer Eldusuki
Le chef de la diplomatie britannique, William Hague, s’est dit « profondément préoccupé » par les condamnations à mort prononcées, lundi, par le tribunal d’Al-Minyah, à l’encontre des partisans du président destitué Mohamed Morsi.
« Ces jugements auront des retombées néfastes sur le processus politique en Egypte », indique un communiqué du ministère britannique publié, lundi, sur son site web.
« Nous rejetons catégoriquement la peine de mort qu’importe les circonstances. Il s’agit pour nous d’une question de principe », s’exprime le communiqué.
« Personnellement, je suis préoccupé par les retombées néfastes de ces jugements sur la capacité du gouvernement égyptien à aller de l’avant sur la voie d’une opération politique globale, la seule et unique voie pour établir la stabilité à long terme et faire face aux défis majeurs qui se posent en Egypte », s’indigne le ministre britannique.
« Le gouvernement britannique exhorte les autorités égyptiennes à revoir les décisions de justice rendues, lundi et à garantir les droits inhérents au procès équitable », appelle la même source.
Plus tôt dans la journée de lundi, Un tribunal égyptien avait décidé lundi, de transférer les dossiers de 683 partisans du président destitué Mohamed Morsi, dont le Guide général de la Confrérie des « Frères Musulmans » Mohamed Badie, au Mufti d’Egypte, en prélude à leur exécution. Par ailleurs, le tribunal a encore condamné à mort 37 sympathisants de Morsi et à la prison à perpétuité 491 autres accusés, selon des sources judiciaires.
Le transfert des dossiers au Mufti en droit égyptien est synonyme d’exécution. L’avis de l’autorité religieuse est consultatif et n’est point contraignant pour le juge qui pourrait confirmer la sentence en dépit de son rejet par le Mufti.
Les mêmes sources ont souligné que « le tribunal a condamné à mort 37 partisans de Morsi dans une autre affaire et à la perpétuité (25 ans) 491 sympathisants » du président déchu.
Selon des sources judiciaires, le jugement rendu lundi, dans les deux affaires est susceptible de pourvoi devant la Cour de Cassation, juridiction suprême qui veille à la bonne application de la Loi par les juges de fond.