AA - Paris - Bilal Muftuoglu
La décision par la mairie de Paris de mettre Tel Aviv à l'honneur sur les rives de la Seine a suscité des vives polémiques au sein des figures politiques françaises et des associations pro-palestiniennes, pour la désignation d'une ville israélienne un an après l'opération militaire contre Gaza.
L'évènement, prévu pour jeudi le 13 août dans le cadre de "Paris Plages", consiste à faire vivre "l'ambiance" de la ville de Tel Aviv sur une partie des rives de la Seine. Selon la mairie, qui a décidé de maintenir l'évènement, malgré les critiques, Tel Aviv est le "symbole de la tolérance et de la paix" et sa mise à l'honneur ne cautionne pas "la politique brutale" du gouvernement israélien.
Pourtant, d'après le parti de Gauche, représenté au sein du Conseil municipal, "le cynisme" de l’organisation d’une telle journée atteint "les sommets de l’indécence", dès lors que l'évènement coïncide avec le premier anniversaire des "massacres" sur la bande de Gaza par l’Etat et l’armée israélienne. Dans sa déclaration sur le site web du parti, Danielle Simonet, conseillère de Paris, a appelé la mairie à annuler la journée ou encore la modifier de façon à inclure des débats sur la situation actuelle du conflit israélo-palestinien ou encore sur l'opération militaire de l'an dernier.
Le Groupe communiste-Front de Gauche au Conseil de Paris s'est aussi montré critique à l'égard de l'organisation de "Tel Aviv sur Seine", regrettant la désignation de la capitale économique d'"un pays dont le gouvernement d’extrême droite méprise quotidiennement le droit international et mène une politique brutale de colonisation des territoires palestiniens".
Selon le groupe, la mairie de Paris, jumelée à la fois avec la ville de Tel Aviv en Israël et la ville de Ramallah, en Palestine, aurait pu saisir l'occasion de Paris Plages, en invitant les deux villes pour "prendre une initiative pour une paix juste et durable".
Dans une déclaration en ligne, les membres israéliens du mouvement Boycott-Désinvestissement-Sanctions (BDS) France ont rappelé de leur côté la complicité de la ville de Tel Aviv dans les attaques contre la bande de Gaza en 2014. En effet, les opérations contre Gaza ont été menées dans le complexe Kyria à Tel Aviv où est situé le Ministère de la Défense.
Face aux réactions, la mairie de Paris a décidé de renforcer le dispositif sécuritaire sur le site de l'évènement, mobilisant plus de 300 policiers et gendarmes, selon le quotidien Le Figaro.