Politique

Benny Gantz: Israël peut vivre avec un nouvel accord sur le nucléaire iranien

- A déclaré le ministre de Défense lors d'une interview avec le magazine américain Foreign Policy.

1 23   | 16.09.2021
Benny Gantz: Israël peut vivre avec un nouvel accord sur le nucléaire iranien

Quds

AA / Jérusalem

Le ministre israélien de la Défense, Benny Gantz, a déclaré au magazine américain "Foreign Policy", spécialisé dans le renseignement et les affaires militaires, qu'Israël "peut vivre avec un nouvel accord nucléaire avec l'Iran".

Gantz a déclaré qu'Israël "pourrait se contenter à l'avenir d’un retour à un accord nucléaire conclu entre les États-Unis et l'Iran".

Cependant, il a ajouté qu’"en même temps, les responsables israéliens font pression sur les Etats-Unis pour qu'ils se préparent sérieusement (à faire une preuve de force) en cas d'échec des négociations avec Téhéran".

Le magazine a souligné que les déclarations de Gantz ressortaient d'une interview qui a eu lieu la semaine dernière.

Bien que le magazine ait affirmé que les propos de Gantz reflétaient un changement dans la politique israélienne, on ignore toujours la position du Premier ministre, Naftali Bennett, et des partis qui composent la fragile coalition ministérielle, vis-à-vis de ses déclarations.

Israël célèbre le Yom Kippour, le mercredi et jeudi, une fête durant laquelle le pays s’immobilise complètement, les journaux ne sont plus édités et les médias cessent de travailler.

Benjamin Netanyahu, l'ancien Premier ministre, s'était opposé à l'accord sur le nucléaire de 2015, que les États-Unis et d'autres pays avaient signé avec l'Iran. L’ancien Premier ministre s'était efforcé de saper l’accord.

L'ancien président américain Donald Trump s'était retiré de l'accord sur le nucléaire en 2018, mais l'administration de Joe Biden est revenue à l'approche diplomatique, même si Téhéran est plus proche que jamais d'enrichir des quantités suffisantes d'uranium, pour lui permettre de produire une bombe nucléaire.

Benny Gantz a répondu à une question lors de l'interview concernant les efforts de l'administration Biden pour revenir à l'accord avec l'Iran en déclarant : “la politique américaine actuelle est de mettre le programme nucléaire iranien dans la boîte (autrement dit, de contenir le dossier sur le nucléaire iranien)“, le ministre israélien a indiqué qu'il “accepte cette politique“.

- "Nous avons le plan C et nous voulons un plan B"

Gantz a déclaré qu'Israël aimerait voir un plan B américain (de réserve), “applicable et envisageant des pressions économiques si les pourparlers venaient à échouer“.

Il a laissé entendre qu'Israël avait un “Plan C“ qui envisageait une action militaire.

Le ministre israélien de Défense a estimé que l'Iran était à deux ou trois mois de posséder les matériaux et les capacités nécessaires, pour produire une seule bombe nucléaire.

Le magazine américain a également déclaré que l'Iran "a doublé ses efforts nucléaires, depuis que les États-Unis se sont retirés de l'accord nucléaire, conclu par l'ancien président américain Barack Obama".

Lors de l'entretien avec le magazine, Gantz a exprimé ses doutes quant au succès des efforts diplomatiques déployés par les pays européens, visant à entraver les progrès nucléaires de l'Iran.

Gantz a suggéré d’"impliquer la Chine dans cela (les efforts diplomatiques pour faire pression sur l'Iran)".

"Le retrait actuel des États-Unis d'Afghanistan renforcerait la témérité de l'Iran et ses mandataires, sur le long terme", a-t-il ajouté.

Le ministre israélien a d’ailleurs mis en garde contre une "course à l’armement nucléaire" dans la région.

- "Nous ne supprimerons aucune colonie"

Benny Gantz a évoqué les relations avec l'Autorité palestinienne, soulignant qu'Israël ne supprimera aucune colonie en Cisjordanie.

Dans le même temps, il a déclaré au magazine que sur le long terme, “nous avons besoin de deux entités politiques“; Mais il n’a pas clarifié la nature de l'entité palestinienne dont il parlait, et n'a pas révélé s'il acceptait l'option d'une “solution à deux États“.

À cet égard, Gantz a déclaré au magazine, "(le président palestinien Mahmoud) Abbas rêve toujours des frontières de 1967, et cela n'arrivera jamais".

Les frontières de 1967 incluent la Cisjordanie, y compris Jérusalem-Est, et la Bande de Gaza.

"Il (Abbas) doit admettre que nous resterons ici et ne supprimerons pas les colonies", a ajouté Gantz.

Gantz a rencontré le président palestinien Mahmoud Abbas, à la fin du mois dernier, lors d’une première réunion de haut niveau, depuis une décennie.

Mais le Premier ministre israélien, Naftali Bennett, un nationaliste et ancien dirigeant des colons, a souligné que la réunion n'annonçait pas un nouveau processus de paix.

Le ministre israélien des Affaires étrangères, Yaïr Lapid, a également commenté la rencontre entre Gantz et Abbas en soulignant qu'il n'allait pas au-delà des questions sécuritaires, mettant l’accent sur l'absence de négociations politiques.

Israël a occupé la Cisjordanie et Gaza en 1967 et, depuis lors, il a refusé d'accorder au peuple palestinien sa liberté et son droit à l'autodétermination.

Les estimations israéliennes et palestiniennes indiquent qu'il y a environ 650 000 Israéliens résidant dans 164 colonies et 116 avant-postes en Cisjordanie, y compris dans la ville occupée de Jérusalem.

- Relations avec Gaza

Lors de l'interview menée par le magazine américain Foreign Policy, Benny Gantz a été interrogé sur la possibilité d'une nouvelle guerre dans la Bande de Gaza. Il a répondu qu'il espérait que son gouvernement répondrait avec force aux attaques depuis la Bande, tout en fournissant une aide économique susceptible de réduire les velléités de combat de Yahya Sinwar (le chef du mouvement Hamas à Gaza).

"Sinwar est confronté à des pressions (...) le sort de deux millions de personnes dépend de lui (la population de la Bande de Gaza)", a déclaré Gantz.

"C’est (Sinwar) une personne qui a trop confiance en soi, mais nous sommes les plus forts", a ajouté le ministre de Défense israélien.

Le 10 mai dernier, Israël a lancé une attaque contre la Bande de Gaza, d’une durée 11 jours, qui a fait des centaines de morts et de blessés, en plus de la destruction massive des maisons et des infrastructures.

*Traduit de l’arabe par Mounir Bennour.

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