Lassaad Ben Ahmed
07 Mai 2018•Mise à jour: 08 Mai 2018
AA / Alger / Tarik Zaidi
Une loi visant à encadrer les activités relatives à l’énergie nucléaire est en phase d’élaboration, a révélé dimanche le ministre algérien de l’Energie.
«Le programme de développement de l'énergie nucléaire à des fins pacifiques exige la mise en place d'un cadre légal adéquat fixant les conditions d'exercice des activités nucléaires ainsi que les règles de sécurité», a affirmé le ministre, dont les propos ont été repris par l’agence officielle APS.
Pour pallier à la contraction de ses ressources énergétiques conventionnelles, l’Algérie a opté pour un programme de développement de l’énergie nucléaire à des fins pacifiques et n’exclut pas, également, d’exploiter le gaz de schiste dans le futur.
Actuellement, elle dispose de deux réacteurs nucléaires, à savoir, « Essalem » réalisé par la Chine à Ain Oussara (200 Km sud d’Alger) et mis en service depuis 1993, de puissance 15 MW et « Nour », situé à la périphérie d'Alger, réalisé par l’Argentine en 1989, d’une puissance d’un (1) MW.
Les deux installations sont contrôlées régulièrement par l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), l’Algérie étant signataire depuis 1995 du traité de non-prolifération des armes nucléaires.
Afin de concrétiser ce programme, l'Algérie a signé plusieurs accords de coopération avec plusieurs pays, dont la Chine, l'Argentine, la France, les Etats-Unis et la Russie.
«Le programme de développement de l'énergie nucléaire à des fins pacifiques vise essentiellement à répondre aux besoins énergétiques de l'Algérie, outre ses usages techniques dans les domaines de la santé, de l'agriculture et des ressources en eau », a expliqué le ministre.
«L'Algérie pense à son avenir. La demande croissante sur l'énergie a conduit l'Etat à initier un programme ambitieux en matière d'énergies renouvelables, axé sur la diversification des sources d'énergie pour garantir l'avenir des générations futures. L'énergie nucléaire constitue, à ce titre, un choix stratégique pour notre pays», a-t-il souligné.
Cependant, il a démenti l'existence d'un quelconque projet, à l'heure actuelle, pour la réalisation d'une station nucléaire en Algérie.
Par ailleurs, il a estimé que l'exploitation du gaz de schiste est incontournable».
«Mais chaque chose en son temps», a-t-il dit, précisant que «les investissements dans ce domaine nécessitaient cinq à dix ans».
«Nous devons cesser de considérer le gaz de schiste comme un mal (...) les choses ont changé, les techniques ont évolué et nous devons nous adapter avec le reste du monde», a-t-il soutenu.