Lassaad Ben Ahmed
09 Avril 2018•Mise à jour: 09 Avril 2018
AA / Alger / Selma Kasmi
Le ministre algérien des Affaires étrangère Abdelakader Messahel a révélé, lundi, l’existence d’au moins onze sources de financement du terrorisme en Afrique.
C’était à l’occasion de l’ouverture des travaux de la Conférence de haut niveau sur la lutte contre le financement du terrorisme en Afrique, dont les travaux se déroulent lundi et mardi à Alger.
Abdelkader Messahel, citant une étude du Groupe intergouvernemental d'action contre le blanchiment d'argent en Afrique de l'Ouest (GIABA), a énuméré les principales sources de financement du terrorisme.
Il s’agit du «commerce et autres activités lucratives, certaines ONG et les prélèvements caritatifs, la contrebande d'armes, le trafic de drogue, la contrefaçon de divers produits, dont les médicaments et les psychotropes, la piraterie, la prise d'otages contre rançons, le trafic de biens cultuels, la migration illégale, le transfert de fonds et la mendicité".
Selon ce même rapport du GIABA, «les activités du crime organisé représentent 3,6% du PIB des quinze pays d'Afrique de l'Ouest", a indiqué le MAE algérien.
S’appuyant sur des rapports d’organismes régionaux et internationaux, il a affirmé que "l'intéressement financier remplace de plus en plus la conviction idéologique dans les processus et campagnes de recrutement menées par les groupes terroristes".
Cette conférence de deux jours sur la lutte contre le financement du terrorisme en Afrique est la quatrième conférence visant la lutte antiterroriste dans le continent, que l’Algérie organise en l’espace de six mois.
En décembre dernier, le pays a abrité deux conférences continentales, une conférence africaine sur la lutte contre le terrorisme et une autre sur le rôle de la femme dans la médiation, en relation avec la lutte contre la radicalisation et le terrorisme. Un mois plus tôt, Alger avait abrité le Forum mondial de lutte contre le terrorisme en Afrique de l’Ouest.
Alger ne cesse d’exprimer, depuis plus d’une dizaine d’année, son engagement à éradiquer le terrorisme dans la région.
En octobre 2004, l’Algérie avait installé le Centre africain d’études et de recherches sur le terrorisme de l’Union africaine (CAERT).
En avril 2010, le Comité d'état-Major opérationnel conjoint (CEMOC) a été installé dans la ville algérienne de Tamanrasset. En septembre de la même année, un Centre de Renseignement sur le Sahel composé des chefs de renseignement des pays du CEMOC a été lancé depuis Alger.
En septembre 2013, 41 pays africains réunis dans la ville algérienne d’Oran approuvent unanimement la Déclaration d’Alger, portant création d’un office de police criminelle intergouvernemental, facilitant l'échange de renseignements entre polices nationales en matière de criminalité internationale, de terrorisme, de stupéfiants, et de trafic d'armes, baptisé (Afripol).
Cet organisme né à Alger, siège aussi depuis 2015, au sein de la capitale algérienne.
Le 30 novembre dernier, le Premier ministre algérien Ahmed Ouyahia révèle lors du cinquième sommet UA-UE à Abidjan, que son pays avait octroyé 100 millions de dollars à cinq pays de la sous-région (Tchad, Mali, Niger, Mauritanie, Libye), dans le cadre de la lutte antiterroriste.