Hatem Kattou
19 Septembre 2017•Mise à jour: 19 Septembre 2017
AA / Alger / Karim Kabir
Le général de corps d’armée algérien, Ahmed Gaid Salah, vice-ministre de la défense nationale, a présidé lundi à Djelfa (300 km au sud d’Alger) la phase finale de la destruction publique du stock de mines antipersonnel, rapporte le ministère de la défense sur son site internet.
Cette opération intervient en exécution des dispositions de la convention d’Ottawa, portant sur l’interdiction de l’emploi, du stockage, de la production et du transfert des mines antipersonnel et leur destruction adoptée à Oslo en 1997 et ratifiée par l’Algérie en 2000.
L’opération, qui couronne une série d’autres opérations relancées depuis 2004, a permis la destruction de pas moins de 5970 mines, selon la même source.
Ce dernier stock était gardé jusque là exclusivement pour les besoins de formations des éléments de l’armée nationale.
En tout, ce sont plus de 8 millions (8 854 849) de mines qui ont été détruites par l’armée algérienne durant les opérations de déminage lancées depuis plus de cinquante ans grâce à l’appui d’experts étrangers dont des russes.
Des millions de mines ont été implantées par l’armée coloniale française entre 1956 et 1959, appelées lignes Challe et Maurice, tout le long des frontières entre l’Algérie et le Maroc et l’Algérie et la Tunisie dans l’espoir d’empêcher toute aide aux combattants algériens et d’étouffer ainsi la révolution algérienne.
Ce fléau a engendré 7300 victimes civiles, dont 4830 durant la guerre de libération nationale (1954-1962) et 2470 après l'indépendance.
Citant le président algérien, Abdelaziz Bouteflika qui avait présidé, en sa qualité de chef suprême des forces armées, la cérémonie de relance des opérations de destruction en 2004, le général de corps d’armée, Gaid Salah a indiqué que «ce sont les circonstances particulières auxquelles l’Algérie a dû faire face dans ce domaine, qui nous ont contraint à entamer une démarche résolue de déminage et d’assainissement du territoire national, bien avant l’adoption de la Convention d’Ottawa en 1997 (…). De par son Histoire et son ferme attachement aux instruments de désarmement et de droit humanitaire, l’Algérie a embrassé une noble cause, en adhérant à cette Convention ».
«Le Président de la République a ajouté que la signature et la ratification de cette Convention, par l’Algérie, ainsi que l’opération de destruction de son stock de mines antipersonnel, constituent un pas géant sur la voie de l’élimination définitive de cette munition fatale et aveugle. C’est également un engagement international qu’il nous tenait à cœur d’honorer, d’autant que l’Algérie a énormément souffert des séquelles de ce fléau et ose espérer que les dispositions de cette Convention soient scrupuleusement respectées par tous », a-t-il ajouté.
C’est en décembre 2016 que l’Algérie a assaini définitivement son territoire et s’est débarrassée des mines antipersonnel permettant ainsi de redonner vie à plusieurs milliers d’hectares de terre.