Esma Ben Said
25 Mai 2018•Mise à jour: 25 Mai 2018
AA/Alger/Tarik Zaidi
Merzoug Touati, jeune blogueur algérien, a été condamné jeudi à dix ans de prison ferme par le tribunal pénal, près de la Cour de Bejaia (210 km est d’Alger, petite Kabylie), pour, entre autres, "intelligence avec l'étranger", ont annoncé plusieurs médias locaux.
Il a été également condamné à une amende de dix milles dinars d’amende (700 euros).
Le mis en cause était poursuivi pour quatre chefs d’inculpations : « intelligence avec l’étranger », « incitation à attroupement armé », « incitation à rébellion » et « fermetures des routes ».
Merzoug Touati a été arrêté le 18 janvier 2017 après avoir publié un commentaire sur Facebook et une interview filmée sur sa chaîne YouTube.
Dans son premier message publié le 2 janvier 2017, il appelait les habitants de Béjaïa à manifester contre la nouvelle loi de finances.
Dans sa vidéo postée sur YouTube le 8 janvier, il interviewait un porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères.
Le 22 janvier 2017, le juge d’instruction du tribunal de Béjaïa a ordonné sa mise en détention provisoire dans l’attente des investigations sur les chefs d’inculpation.
Pendant sa longue incarcération, il a observé trois fois la grève de la faim.
Mercredi, Amnesty international avait appelé à sa libération le considérant comme « un prisonnier d’opinion ».
« Diplômé de l’université, Merzoug Touati était au chômage au moment de son interpellation. Il n’était affilié à aucun parti politique ni à aucune association. En 2015, il a commencé à gérer une page Facebook et le blog alhogra.com, supprimé depuis. Ses sujets de prédilection étaient la situation politique et les droits humains en Algérie », rappelle l’ONG dans un communiqué.
Elle soutient avoir examiné les pièces judiciaires qui répertorient à titre de « preuves » les commentaires publiés par Merzoug Touati avant que son compte Facebook et son site Internet ne soient supprimés et elle a conclu qu’ils ne contenaient « ni incitation à la violence ni appel à la haine, et que ses publications entraient dans le cadre de la liberté d’expression » en lien avec son travail de journaliste citoyen.
Selon les médias, le procureur a requis la perpétuité.
Il a soutenu que l’inculpé était en relation avec un étranger (Israélien) avec qui il échangeait des «renseignements », et c’est ce qui a été découvert, selon lui, dans son micro-ordinateur personnel.
Des documents subversifs ont été également découverts dans son micro-ordinateur, selon le procureur.
Les avocats de Merzoug Touati, cités par les médias, ont décidé de faire appel.
En décembre 2016, Mohamed Tamalt est décédé en prison, après avoir été condamné à deux ans de prison quelques mois plutôt pour des publications sur sa page facebook accusant certains responsables algériens, mais jugées « insultantes » par la justice.