Esma Ben Said
26 Août 2017•Mise à jour: 27 Août 2017
AA/Alger/Karim Kabir
Le scrutin pour l’élection des assemblées populaires communales (APC) (mairies) et des assemblées populaires de wilaya (préfectures) est fixé pour le jeudi 23 novembre prochain, a annoncé samedi la présidence algérienne.
« Conformément aux dispositions de la loi organique relative au régime électoral, Son Excellence M. Abdelaziz Bouteflika, Président de la République, a signé ce samedi 26 août 2017, un décret présidentiel portant convocation du corps électoral pour les élections des Assemblées populaires communales et des Assemblées populaires de wilaya qui se dérouleront le jeudi 23 novembre 2017 », indique la présidence dans un communiqué rendu public.
Selon la Constitution algérienne, le corps électoral, actuellement estimé à plus de 23 millions d’électeurs, est convoqué 90 jours avant la date du scrutin.
Ces élections, qui interviennent après les législatives du mois de Mai dernier marquées par un faible taux de participation (35,37 %), s’annoncent décisives dans la mesure où elles permettront au parti majoritaire d’asseoir une base solide en perspective de l’élection présidentielle prévue au printemps 2019.
Arrivé en tête lors des législatives, le front de libération nationale (FLN), parti du président Bouteflika, avec 164 sièges, entend conforter son poids politique pour peser dans la future échéance électorale.
Reste que ce parti n’est pas à l’abri des remous. Non seulement il est confronté à une opposition interne menée par d’anciennes figures du parti dont d’ex-ministres hostiles à la direction actuelle conduite par l’octogénaire Djamel Ould-Abbes, le parti devrait faire aussi face aux contestations liées à la confection des listes électorales.
Autres sérieux prétendants à réaliser de bons scores : le Rassemblement national démocratique (RND) du premier Ministre Ahmed Ouyahia, proche du pouvoir, arrivé deuxième lors des législatives du mois de Mai avec 100 sièges et l’alliance HMS (Harakat Moujtmâam Essilm) (mouvement de la société pour la paix), principal parti d’opposition d’obédience islamiste avec 34 sièges.
Deux inconnues planent cependant sur les prochaines élections : les conditions de déroulement du scrutin et le taux de participation.
En dépit de la mise en place d’une haute instance indépendante de surveillance des élections (HIISE) depuis les dernières législatives, présidée par un ancien ministre, les partis politiques, notamment ceux de l’opposition, doutent toujours de la neutralité de l’administration et des capacités de cette instance à contrôler la régularité du scrutin.
En mai dernier, de nombreux partis ont dénoncé, à l’issue des résultats, la « fraude électorale » qui a caractérisé, selon eux, le scrutin, ces partis accusant l’administration de favoriser les partis du pouvoir.
Invité en qualité d’observateur, une mission d’experts de l’UE a fait fuiter dans la presse algérienne son rapport dans lequel elle critique le « manque de prérogatives de cette instance » et «l’incapacité des partis d’accéder au fichier électoral ».
Elle a également pointé du doigt les entraves aux libertés de nature à assurer aux partis un exercice équitable de leurs activités. Mais pour les autorités, le premier test de la HIISE est « réussi ».