Politique

Al-Michri à propos de la Tunisie: nous rejetons les coups d'Etat contre les organes élus

- Le président Saïed a souligné que ses décisions "ne sont pas une suspension de la Constitution, ni une dérogation à la légitimité constitutionnelle".

1 23   | 26.07.2021
Al-Michri à propos de la Tunisie: nous rejetons les coups d'Etat contre les organes élus

Trablus

AA / Tripoli

Le chef du Haut Conseil d'État libyen, Khaled al-Michri, a annoncé, à l’aube de ce lundi, son rejet de ce qu'il considérait comme un « coup d'État » contre les instances élues, en réaction aux récentes décisions annoncées par le président tunisien Kaïs Saïed.

Plus tôt dans la soirée du dimanche, Saïed a annoncé, au cours d’une réunion d'urgence avec des commandants militaires et sécuritaires, le gel des pouvoirs du Parlement et la destitution du chef du gouvernement Hicham Mechichi, et qu'il assumait lui-même le pouvoir exécutif avec un gouvernement dont il désignerait le chef.

Réagissant à la situation du voisin tunisien, al-Michri a déclaré, via son compte officiel sur Facebook : "Le coup d'État du 14 février 2014 (mené par le général Khalifa) Haftar et le coup d'État du 25 juillet 2021 de Kaïs (Saïed), que de ressemblances entre le présent et le passé".

Et d’ajouter : "Nous rejetons les coups d'État contre les organes élus et le sabotage des voies démocratiques".

Saïed avait souligné que ses décisions ne sont pas "une suspension de la Constitution, ni d'une dérogation à la légitimité constitutionnelle", et d’ajouter : " si la loi se transforme en un outil de règlement de comptes et un outil pour les voleurs qui ont pillé les fonds et l'argent du peuple appauvri, ce ne sont pas des lois qui expriment la volonté du peuple, mais plutôt des outils pour voler la volonté du peuple"

Les décisions de Saïed surviennent à la suite des manifestations qui ont eu lieu dans plusieurs gouvernorats tunisiens à l'invitation de militants, exigeant le renversement du système au pouvoir et accusant l'opposition d’avoir échoué, face aux crises politique, économique et sanitaire.

Ces manifestations ont été ponctuées par des attaques contre le siège du Mouvement Ennahdha, dans un certain nombre de gouvernorats du pays. Le Mouvement avait condamné ces violences, dans un communiqué, et a accusé les personnes impliquées dans ces attaques d'être des "bandes criminelles employées par des parties à l'extérieur et à l'intérieur des frontières du pays (…), dans le but de répandre le chaos et le sabotage, et au service des agendas visant à renverser la voie démocratique et ouvrant la voie au retour de l'oppression et de la tyrannie.

La Tunisie est considérée comme le seul pays arabe qui a réussi à effectuer une transition démocratique parmi d'autres pays arabes qui ont également connu des révolutions populaires ayant renversé les régimes au pouvoir, notamment en Égypte, en Libye et au Yémen.

Cependant, depuis le mois de janvier dernier, la Tunisie subit une crise politique, opposant Kaïs Saïed à Hichem Mechichi, en raison d'un remaniement ministériel effectué par ce dernier, mais rejeté par le président de la République.

Outre sa crise politique, la Tunisie subit une grave crise économique, approfondie par les répercussions de la pandémie de coronavirus, qui frappe durement le pays, et menace d'un effondrement imminent du système de santé, ce qui a nécessité la réception d’aides médicales d'urgence de la part de nombreux pays, au cours des derniers jours.

* Traduit de l’arabe par Mounir Bennour.

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