Affaire Guillaume Meurice : faute d’accord, les prud’hommes renvoient l’affaire à un nouveau procès
- L’affaire sera désormais examinée par un juge départiteur, magistrat professionnel chargé de trancher en cas de partage des voix. L’humoriste conteste la rupture anticipée de son contrat à la suite d’une blague visant Benyamin Netanyahu
Istanbul
AA / Istanbul / Ben Amed Azize Zougmore
Le conseil de prud’hommes de Paris a décidé, ce lundi, d’ordonner la tenue d’un nouveau procès dans le litige opposant l’humoriste Guillaume Meurice à Radio France, après l’absence d’accord entre les quatre conseillers prud’homaux, a rapporté le journal français Le Monde.
L’affaire sera désormais examinée par un juge départiteur, magistrat professionnel chargé de trancher en cas de partage des voix. La date de cette nouvelle audience reste à fixer et pourrait intervenir dans un délai compris entre six mois et deux ans, indique la même source.
L’ex-chroniqueur de France Inter conteste la rupture anticipée de son contrat à la suite d’une blague visant le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahu, qui avait provoqué une vive polémique fin 2023.
La direction de Radio France lui avait reproché une comparaison jugée problématique, diffusée le 29 octobre 2023, trois semaines après l’attaque du Hamas. Après un refus de présenter des excuses, un avertissement puis une suspension, l’entreprise publique avait mis fin à son contrat en invoquant une « déloyauté répétée ». La plainte déposée contre lui pour incitation à la haine raciale avait été classée sans suite au printemps 2024.
Lors de l’audience du 11 décembre 2025, Guillaume Meurice a demandé devant le conseil des prud’hommes de Paris, l’annulation de son licenciement pour « faute grave », prononcé par Radio France en juin 2024, ainsi que près de 400 000 euros d’indemnités.
Meurice demande également la requalification en CDI des 249 CDD d’usage signés depuis 2012. Son avocat estime que ces contrats successifs ne correspondent pas à un emploi réellement temporaire. La défense de Radio France affirme au contraire que le recours à ces contrats reste conforme aux pratiques du secteur audiovisuel.
Les deux parties ont opposé leurs arguments sur la liberté d’expression. Pour l’avocat de Meurice, son client n’a fait qu’exercer son rôle de satiriste. Celui de Radio France soutient que certaines de ses prises de position contreviennent aux obligations d’un média de service public et ont entraîné de fortes réactions d’auditeurs.
Pour rappel, l’humoriste français avait été mis à pied depuis début mai 2024, avant de confirmer, en juin 2024, avoir été licencié par Radio France, pour avoir réitéré, à l’antenne, une blague qualifiant le Premier ministre israélien de « sorte de nazi sans prépuce ».
