Affaire Epstein : le parquet de Paris mobilise des magistrats pour identifier d’éventuels Français impliqués
- Une réanalyse complète du dossier visant Jean-Luc Brunel est engagée après la publication de nouveaux documents aux États-Unis
Istanbul
AA / Istanbul / Adama Bamba
Le parquet de Paris a annoncé samedi la désignation de magistrats référents chargés d’examiner les nouveaux documents publiés aux États-Unis dans l’affaire impliquant le financier américain Jeffrey Epstein. Objectif : déterminer si des ressortissants français pourraient être impliqués dans d’éventuelles infractions.
Dans un communiqué transmis à la presse, le ministère public précise exploiter les éléments récemment diffusés « en coordination avec le Parquet national financier et en lien avec la direction nationale de la police judiciaire », afin d’évaluer l’opportunité d’ouvrir de nouvelles enquêtes.
Parallèlement, le parquet indique procéder à « une réanalyse intégrale du dossier d’instruction » concernant l’ex-agent de mannequins Jean-Luc Brunel. Il s’agit d’identifier toute pièce susceptible d’être réutilisée dans un nouveau cadre d’enquête, à la lumière des documents rendus publics. Le dossier Brunel avait été clôturé par un non-lieu après son décès en juillet 2023.
- Emmanuel Macron appelle à « faire toute la clarté »
Dans ce contexte, le président français Emmanuel Macron a appelé jeudi à « faire toute la clarté » sur la situation de Fabrice Aidan, diplomate cité à plusieurs reprises dans les archives américaines liées à Jeffrey Epstein.
Interrogé à l’issue d’un sommet européen, le chef de l’État a dit vouloir comprendre pourquoi ce dossier n’avait pas été traité plus tôt, évoquant des informations selon lesquelles le diplomate aurait fait l’objet d’une enquête américaine pour consultation d’images pédopornographiques. Il a jugé « inacceptable » le maintien en fonction d’un responsable si l’administration disposait d’éléments compromettants depuis plusieurs années, affirmant avoir découvert l’affaire récemment. L’avocate du diplomate assure que son client conteste l’ensemble des accusations.
La publication massive de documents judiciaires américains relatifs à Jeffrey Epstein continue de provoquer des remous politiques et médiatiques en France. Décédé en prison en 2019 avant son procès, le financier américain était accusé d’avoir dirigé un vaste réseau d’exploitation sexuelle de mineures. Fin janvier, des millions de pages d’archives — courriels, carnets d’adresses et témoignages — ont été rendues publiques, relançant soupçons et controverses. Les autorités américaines rappellent toutefois que la simple mention d’un nom ne vaut pas preuve de culpabilité.
Plusieurs personnalités françaises figurent dans ces documents, dont Jack Lang, ancien ministre de la Culture, cité à de nombreuses reprises. Sous pression, il a proposé sa démission de la présidence de l’Institut du monde arabe. Par ailleurs, le Parquet national financier a ouvert une enquête pour soupçons de blanchiment de fraude fiscale aggravée liés à des transactions impliquant Jeffrey Epstein et la fille de Jack Lang. L’ancien ministre nie toute implication criminelle et affirme n’avoir entretenu avec Epstein que des relations superficielles.
