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8 principaux groupes armés actifs en RDC (Encadré)

La présence de ces groupes, congolais et étrangers, a participé de l'enchevêtrement de la situation et fait de la zone la poudrière des Grands Lacs.

11.05.2015 - Mıse À Jour : 11.05.2015
8 principaux groupes armés actifs en RDC (Encadré)

AA/ Kinshasa/ Clémentine Pawlotsky

Huit principaux groupes armés pullulent dans la République Démocratique du Congo, notamment dans sa partie Est, faisant de cette zone la véritable poudrière de la région des Grands Lacs.

Ces groupes rebelles se distinguent selon qu'ils soient des milices d'origine congolaise (Maï-Maï, ex-CNDP, M23 et Bakata Katanga); ou composées à titre principal d'étrangers (Ougandais: ADF et LRA; rwandais: FDLR et burundais: FNL) mais dont le brassage a pu s'effectuer, par suite de jeux d'alliances locales.

Les groupes congolais:

#1 Milices Maï-Maï:

Présents sur toute l'étendue Est du pays, particulièrement dans le Nord-Kivu et le Sud-Kivu, les Maï-Maï forment une constellation de groupes armés. Dans un document confidentiel établi par le Comité International de Croix rouge, dont Anadolu a pu avoir copie, il existe une douzaine de groupes armés au sein de cette nébuleuse. Il s'agit des Aoci, Bwasakala, Yakutumba, Obedi, Fujo, Mulumba, Baleke, Kirikicho, Mbanga, Kapopo, Nyakiriba et RNC.

Décrits à leur naissance, dans les années 60, après l'assassinat du premier Premier ministre Patrice Lumumba, comme "ultranationalistes", ils auraient abandonné par la suite leurs revendications politiques pour défendre "des intérêts tribaux".

« Ils ont profité du contexte de marasme économique, de la somalisation de la région et de l’absence de l’administration pour prendre part à de nombreux forfaits." analyse, dans une déclaration à Anadolu, Philippe Biyoya Makutu, professeur à l'Université de Kinshasa "Aujourd'hui, il s’agit davantage de phénomène de « banditisme » que d’un groupe aux revendications proprement politiques."

Des viols, assassinats et braquages leur sont souvent imputés, aussi bien dans le Sud-Kivu que dans le Nord, profitant d'une zone devenue "la plaque tournante du trafic illicite des armes légères." selon un rapport du Groupe de Recherche et d'Information sur la Paix et la Sécurité (GRIP).

#2 Ex-CNDP &  #3-ex-M23:

Les rebelles du Congrès National pour la Défense du Peuple (CNDP) étaient opposés aux forces armées régulières dans la guerre du Kivu (2004-2009). L'accord de cessez-le-feu du 23 mars 2009, a promis de régulariser la situation des combattants du CNDP et de les intégrer dans l'armée. En avril 2012, une partie de ceux-ci invoquent le non-respect par le Gouvernement des modalités du traité de paix, forment le M23 et se prêtent à de nombreuses exactions dénoncées par des ONG humanitaires.

Constitués en majorité de Tutsis de la RDC, les rebelles congolais du Mouvement du 23 mars (M23), vaincus en novembre dernier, ont bénéficié jusqu'à fin octobre d'un soutien en provenance du territoire rwandais selon un rapport de l'ONU. Une accusation dont le Rwanda, gouvernés aussi par des Tutsis, s'est défendu. Des rapports de sécurité font encore état du sévissement d'anciens membres de ces deux milices dans la partie orientale du pays.

#4 Bakata Katanga

Egalement appelé Kata Katanga, il s'agit d'un groupe rebelle actif dans la province du Katanga (Sud) qui oeuvre pour l'indépendance de cette zone. Bien que la naissance du groupe date de septembre 2011, les vélléités séparatrices dans cette province du Sud-Est remonte aux années 60. Une semaine après l'indépendance de la RDC, l'éphémère Etat du Katanga était déjà né.

 

Les groupes étrangers:

#5 ADF

Constitué dans les années 1990 contre le régime de Yoweri Museveni, à la tête de l'Ouganda depuis 1986, l'ADF-Nalu (Forces Alliées démocratiques) est un groupe classé organisation terroriste, notamment par le Conseil de sécurité des Nations-Unies, le 30 juin dernier.

Dirigés, jusqu'à son arrestation en avril dernier en Tanzanie, par Jamil Mukulu, ils se sont installés au Nord-Kivu (est RDC), à une période où les relations entre les deux belligérants des guerres du Congo, la RDC et l'Ouganda, étaient tendues.

La géographie forestière et montagneuse de la région rend leur traque difficile par l'armée congolaise (opération Sokola 1, depuis novembre 2014). Cette géographie leur a servi de plateforme pour mener à bien des activités contre le régime ougandais, auxquelles ils ne se sont pas astreints.

"En complicité avec des Ougandais de Kampala et certains opérateurs économiques du Congo, ils se sont lancés dans de nombreux trafics, dont le trafic du bois, abondant dans cette région forestière" a confié à Anadolu une source diplomatique européenne installée à Kinshasa. 

Avec la normalisation des relations entre la RDC et l'Ouganda, Kinshasa a multiplié ses opérations militaires contre le groupuscule ougandais, qui rassemble également des membres congolais.

#6 La LRA:

Comme les ADF, la L'Armée de Résistance du Seigneur (acronyme LRA en anglais) est un groupe rebelle ougandais. Se présentant comme chrétien, il prêche pour l'instauration d'un régime gouverné par la Bible, et notamment, les 10 commandements. Ayant arrêté, depuis une dizaine d'années, ses activités en Ouganda, le groupe tranfrontalier de Joseph Kony se prête à des exactions au Soudan, en Centrafrique, et également en RDC.

#7 FDLR:

Divisés en 3 sous-branches (FDLR FOCA - FDLR RUD - FDLR SOKI ), en raison de la répartition géographique,  les rebelles Hutus rwandais des Forces démocratiques de Libération du Rwanda (FDLR) présents dans l'Est de la République démocratique du Congo (RDC) font l'objet depuis janvier d'une opération militaire, Sokola 2, conduite par l'armée congolaise, à laquelle devrait s'associer, sous peu, la Mission onusienne, la Monusco.

Actifs en territoire du Kivu depuis plus de 20 ans, ils disent défendre les intérêts des rebelles hutus rwandais, réfugiés en RDC après le génocide des Tutsis dans le pays de Paul Kagamé, auquel ils sont opposés. Des dirigents des FDLR, à l'instar de Sylvestre Mudacumura, sont visés par des mandats d'arrêt de la CPI, en raison de nombreuses exactions dont ils sont inculpés.

#8 FNL:

Quoiqu'ayant officiellement rendu les armes en 2009, des éléments des Forces Nationales de Libération burundais continuent d'être actifs sur les zones frontalières de la RDC, et à l'intérieur de ces zones, particulièrement dans le Sud-Kivu. L'opération 'kamilisha usalama 2', décidée fin 2014, s'est fixée pour but de déloger ces groupes rebelles Hutus, opposés au régime de Pierre Nkurunziza au Burundi, et qui utilisent le Sud-Kivu comme base-arrière de leurs actions.

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Avec la contribution d'Héritier Maila

 
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