AA/Beni/Fiston Mahamba Larousse
Des ONG congolaises et internationales oeuvrant en RDC doivent bénéficier en 2015 de 692 millions de dollars américains pour répondre aux besoins urgents de plus de 7 millions de Congolais, a annoncé mercredi à Béni, le bureau de coordination des affaires humanitaires des Nations Unies, OCHA.
Les provinces du Nord-Kivu, Sud-Kivu et le Katanga (toutes trois situées dans l’Est) sont les plus concernées par ce plan d’actions humanitaires en raison des différentes crises qui y sont récurrentes et notamment des attaques perpétrées par des groupes rebelles contre la population civile.
«Le Nord-Kivu va consommer 24.5% soit 170 millions de dollars, le Sud-Kivu en prendra 17.1% soit 119 millions de dollars et le Katanga 19.9% soit 138 millions de dollars de cette prévision budgétaire à cause de la volatilité de la situation sécuritaire dans ces régions », a indiqué Vicky Prekabo, chargé de l’information publique au bureau d’OCHA Nord-Kivu, lors de la présentation du plan d’action humanitaire 2015 face à la presse.
Selon le bureau d’OCHA au Nord-Kivu, le plan d’action humanitaire 2015 recule de 17% par rapport au plan 2014 [estimé à 832 millions de dollars américains], pas à cause de la diminution des besoins, "mais plutôt suite à une bonne planification des actions à mener et à la hiérarchisation des besoins des personnes à assister."
Cette baisse de prévision n’empêche pas la communauté humanitaire, qui regroupe des ONG nationales et internationales intervenant dans ce secteur, de déplorer le faible financement des interventions humanitaires en RDC.
« La communauté humanitaire aura à assister 5,2 millions de personnes sur les 7 millions identifiées faute de déficit budgétaire » a déclaré à Anadolu Alain Aruna, chef d’antenne d’OCHA à Beni. Les besoins prioritaires qui seront pris en compte dans l’exécution de ce plan restent les mêmes qu’en 2014 notamment la protection des victimes de conflits armés, de victimes de crises nutritionnelles, celles d’épidémies ainsi que celles de catastrophes.
Quant aux déplacements de populations que pourront engendrer les opérations militaires actuellement en cours contre les rebelles Rwandais de Forces Démocratiques pour la Libération du Rwanda (FDLR), les humanitaires rappellent aux troupes des Forces Armées de la RDC (FARDC) de respecter le plan de contingence qui a été mis à sa disposition pour éviter de déplacements de populations accompagnés de violations de droits de l’homme.
« Ce plan de contingence nous permet aussi de mener des plaidoyers auprès du gouvernement Congolais en vue de lui faire part de besoins à couvrir en cas d’une éventuelle intervention suite au déplacement massif de populations lors des combats » a conclu la même source.