Éthiopie : le TPLF appelle les dirigeants africains à agir face à l’affaiblissement de la trêve au Tigré
- Une lettre adressée au président de l’Union africaine avertit que le blocage de l’accord de 2022 pourrait conduire à une reprise des affrontements
Addis Abeba
AA / Addis Abeba / Sadik Kedir
Le Front populaire de libération du Tigré (TPLF) a appelé jeudi l’Union africaine (UA) à intervenir pour préserver une trêve fragile, avertissant que les retards dans la mise en œuvre de l’accord de paix de 2022 pourraient conduire à une reprise des combats dans le nord du pays.
Dans une lettre ouverte adressée au président angolais Joao Lourenco, président en exercice de l’Union africaine, le TPLF affirme que des éléments clés de l’Accord de cessation des hostilités (CoHA), qui a mis fin à deux années de guerre au Tigré, n’ont toujours pas été pleinement appliqués.
Lors de la guerre civile en Éthiopie, l’armée fédérale et ses alliés, dont l’Érythrée, ont affronté le TPLF. Bien que l’Accord de Pretoria de novembre 2022 ait instauré une paix fragile, les tensions persistent. Des divisions internes au sein du TPLF menacent désormais de rallumer le conflit.
Ces dernières semaines, des informations font état de contacts entre le TPLF et les forces érythréennes, tandis que le gouvernement fédéral éthiopien accuse l’Érythrée de soutenir des groupes rebelles actifs dans le pays.
Le parti dénonce une remobilisation militaire, la montée des tensions et des mesures restreignant la vie civile, notamment les limitations de mouvement, les pressions économiques et l’exclusion politique, qui, selon lui, sapent la confiance dans l’accord de paix de Pretoria, parrainé par l’Union africaine en novembre 2022.
« Nous vous écrivons à un moment d’une importance exceptionnelle pour la paix, la stabilité et la crédibilité de l’architecture africaine de sécurité collective », souligne la lettre.
« Sans progrès visibles ni mise en œuvre crédible, la confiance s’érode et les risques d’une confrontation renouvelée augmentent », avertit le TPLF.
Le mouvement appelle également l’Union africaine à réaffirmer publiquement le caractère contraignant du cessez-le-feu, à accélérer les mécanismes de suivi et de vérification, et à soutenir les efforts visant à rétablir l’ordre constitutionnel, protéger les civils et permettre le retour en toute sécurité des personnes déplacées.
Il plaide en outre pour la levée des mesures affectant de manière disproportionnée les moyens de subsistance des civils et l’accès humanitaire, et demande la convocation rapide d’un dialogue politique structuré entre les signataires de l’accord afin de traiter les causes politiques, sécuritaires et de gouvernance du conflit.
« Il s’agit d’un moment critique », conclut la lettre, mettant en garde contre les risques qu’un retard ou un manque de clarté n’aggrave la méfiance et n’étende l’instabilité.
La guerre dans le nord de l’Éthiopie a éclaté fin 2020 entre les forces fédérales et le TPLF, faisant des centaines de milliers de morts et des millions de déplacés avant que le CoHA ne mette fin aux combats de grande ampleur.
*Traduit de l'anglais par Sanaa Amir
Seulement une partie des dépêches, que l'Agence Anadolu diffuse à ses abonnés via le Système de Diffusion interne (HAS), est diffusée sur le site de l'AA, de manière résumée. Contactez-nous s'il vous plaît pour vous abonner.
