Rabia İclal Turan
18 Avril 2023•Mise à jour: 18 Avril 2023
AA / Washington / Rabia İclal Turan
Une ancienne responsable du ministère américain de la Défense a déclaré, mardi, que l'Afghanistan était "à nouveau un refuge pour les terroristes".
"La plupart d'entre nous savent que ce qui se passe en Afghanistan, n'y reste malheureusement pas", a déclaré l'ancienne sous-secrétaire adjointe à la Défense pour le Moyen-Orient, Simone Ledeen, lors d'une audition de la Commission de la sécurité intérieure de la Chambre des Représentants.
"Au cours de l'année fiscale 2022, 98 personnes figurant sur notre liste de vigilance terroriste ont, à notre connaissance, franchi notre frontière méridionale, et 324 personnes évacuées d'Afghanistan ont été autorisées à entrer aux États-Unis alors qu'elles figuraient sur les listes de surveillance biométriques du ministère de la défense", a-t-elle ajouté.
"Combien d'autres sont entrés sans être identifiés ?", s'est-elle interrogée.
Ledeen a déclaré que les États-Unis n'étaient plus un "partenaire digne de confiance", ajoutant : "Nous avons abandonné nos collaborateurs et beaucoup d'entre eux ont été torturés et assassinés"
"Cela ne se limite pas à l'Afghanistan. Nos partenaires du monde entier l'ont constaté. L'Arabie saoudite est passée, en deux ans, du statut de partenaire potentiel des accords d'Abraham à la dédollarisation", a-t-elle ajouté.
Ledeen s'exprimait devant la commission d'enquête sur le retrait des États-Unis d'Afghanistan en août 2021, en compagnie de l'ancien ambassadeur itinérant et coordinateur de la lutte contre le terrorisme, Nathan A. Sales, du colonel à la retraite Christopher J. Douglas et de l'analyste des opérations militaires Jonathan Schroden.
Les membres républicains du Congrès ont imputé au président Joe Biden la responsabilité de l'échec du retrait des troupes américaines d'Afghanistan et du chaos qui a régné à l'aéroport de Kaboul en août 2021.
En janvier, les membres républicains de la commission des affaires étrangères de la Chambre des représentants ont demandé au département d'État des documents relatifs à ce retrait, afin d'ouvrir une enquête sur cette opération controversée.
L'administration Biden a publié, au début du mois, un rapport sur le retrait qui reprochait à l'administration de l'ancien président, Donald Trump, un "manque de planification".
*Traduit de l’Anglais par Mourad Belhaj