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À Paris, des manifestants dénoncent les guerres et la montée de l’extrême droite

- Lors d’une mobilisation contre le racisme et le fascisme, des manifestants parisiens ont aussi exprimé leur inquiétude face aux conflits internationaux et à l’escalade militaire

Ümit Dönmez  | 14.03.2026 - Mıse À Jour : 14.03.2026
À Paris, des manifestants dénoncent les guerres et la montée de l’extrême droite

Ile-de-France

AA / Paris / Ümit Dönmez

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Des milliers de personnes ont manifesté samedi dans les rues de Paris dans le cadre d’une journée nationale de mobilisation contre le racisme, le fascisme et les violences d’État.

La mobilisation parisienne s’inscrivait dans une série de rassemblements organisés dans de nombreuses villes de France. Si l’appel initial visait principalement à dénoncer la montée du racisme et de l’extrême droite, plusieurs participants ont également mis en avant leur opposition aux guerres et aux tensions internationales croissantes.

Marc explique s’être joint au cortège en raison de ce qu’il perçoit comme une progression de l’extrême droite dans la vie politique française, évoquant notamment « la vague brune et les partis d'extrême droite complètement décomplexés ».

Le manifestant critique également certains symboles politiques récents. Il fait référence à l’hommage rendu récemment à l’Assemblée nationale à un militant d’extrême droite décédé, ancien membre du mouvement Groupe Union Défense (GUD), organisation étudiante d’ultradroite dissoute par les autorités françaises. Marc estime que ce type d’hommage n’est « pas acceptable » et évoque l’histoire de la France pendant la Seconde Guerre mondiale pour justifier sa mobilisation.

Le manifestant relie aussi ces inquiétudes au contexte international et aux tensions militaires actuelles. Il estime que certaines décisions politiques prises par les États-Unis et leurs alliés participent à une escalade des conflits, évoquant notamment la crise autour de l’Iran.

Interrogé sur la mort récente d’un soldat français dans le nord de l’Irak, Marc évoque d’abord la dimension humaine du drame. « C'est dommageable », affirme-t-il, ajoutant avoir « de la compassion pour sa famille ». Il s’interroge également sur la présence actuelle de militaires français dans la région.

Julie*, une autre manifestante interrogée, évoque pour sa part une inquiétude plus large face au climat politique et international. Elle explique être descendue dans la rue parce que « l'ambiance générale et la politique internationale font peur ».

La manifestante affirme craindre une progression des forces d’extrême droite dans plusieurs pays et dit s’inquiéter pour l’avenir des jeunes générations. Elle exprime également son opposition aux conflits armés et estime que les sociétés devraient privilégier la paix plutôt que la guerre.

Julie critique par ailleurs le niveau du débat politique actuel, estimant que certains responsables publics peinent à proposer des solutions crédibles face aux crises internationales et aux tensions politiques.

Margot, également présente dans le cortège, explique sa participation par un rejet plus global des interventions militaires et des rivalités géopolitiques. Elle affirme manifester « contre l'impérialisme » et contre « ces guerres injustes qui sont menées au nom des intérêts des puissants ».

La manifestante cite notamment la situation à Gaza et les tensions liées au conflit avec l’Iran parmi les raisons de sa mobilisation.

La mobilisation parisienne s’inscrivait dans une journée de manifestations organisées dans une centaine de villes de France à l’appel de collectifs et d’organisations associatives, syndicales et politiques. Plusieurs participants ont utilisé cette journée pour dénoncer à la fois la progression de l’extrême droite et les conflits armés en cours dans différentes régions du monde.

La mort récente d’un militaire français a par ailleurs ravivé les débats sur l’engagement militaire de la France au Moyen-Orient. L’adjudant-chef Arnaud Frion, membre du 7ᵉ bataillon de chasseurs alpins, a été tué lors d’une attaque menée par drone contre une base accueillant des soldats français dans le nord de l’Irak, une attaque qui a également fait plusieurs blessés parmi les militaires déployés dans la région dans le cadre de la coalition internationale.


* Les prénoms ont été modifiés à la demande des personnes interrogées


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