À Nice, Christian Estrosi présente des excuses sur le conflit Israël-Palestine à quatre jours du scrutin
- De nombreux comptes sur les réseaux sociaux dénoncent un clientélisme électoral flagrant
Ankara
AA/Ankara
Le maire sortant de Nice, Christian Estrosi (Horizons), a tenu une réunion publique samedi dans le quartier populaire des Moulins.
Dans une vidéo largement relayée sur les réseaux sociaux, où on le voit s’exprimer avec émotion, il a reconnu avoir « pu commettre des erreurs » et regretté que « certaines décisions ou prises de position ont pu susciter des incompréhensions ou blesser ».
Également dans un reportage à la télévision, il a reconnu avoir « manqué d’impartialité » sur le conflit Israël-Palestine, et admis en parlant du conflit à Gaza que « partout où il y a des populations civils qui sont touchées, je comprends que ça puisse blesser une partie d’une communauté ».
Il a affirmé vouloir « rassembler » et « apaiser » les tensions après des années de soutien affiché à Israël avec notamment de nombreux drapeaux israéliens déployés sur l’Hôtel de Ville en 2023 et avoir systématiquement traîné en justice des manifestants pro-palestiniens.
Une volte-face du maire sortant qui a suscité une réaction virulente de la députée LFI Alma Dufour.
« À vomir. Voilà le visage du retournement de veste par excellence. Avoir participé à nier un génocide puis venir s’excuser à 4 jours des élections. Et c’est nous qui instrumentalisons le conflit ? Cette droite multiple condamnée m’inspire un dégoût que je peux décrire » a lâché sans filtre la députée Insoumis.
De nombreux comptes sur les réseaux sociaux dénoncent un clientélisme électoral flagrant. Ils y voient une tentative de dernière minute pour séduire l’électorat pro-palestinien des quartiers populaires (Moulins et autres), alors que les sondages montrent Estrosi en perte de vitesse.
À trois jours du premier tour des municipales (15 et 22 mars), dans un contexte électoral tendu, plusieurs sondages placent le maire sortant en difficulté. Selon ces derniers, Éric Ciotti (UDR, allié au RN, liste « Le meilleur est à venir ») arrive largement en tête au premier tour avec 38 à 45 % des intentions de vote.
Christian Estrosi est crédité de 27 à 32 % seulement. Derrière, les deux listes de gauche se partagent environ 23 % : Juliette Chesnel-Le Roux (« Unis pour Nice », PS-Écologistes-PCF) à 12 % et Mireille Damiano (« Nice Front Populaire », LFI-Viva !) à 11 %. Le duel fratricide entre les deux anciens alliés sarkozystes domine la campagne.
Par ailleurs, Estrosi est visiblement empêtré dans l’affaire de la « tête de porc » découverte le 27 février devant la résidence du maire (accompagnée d’une étoile de David et d’un message insultant).
Initialement présentée comme un acte antisémite, l’enquête a pris un tour spectaculaire, un proche du couple Estrosi et un ancien agent des renseignements ont été placés en garde à vue cette semaine, alimentant les soupçons de « barbouzerie » ou de manipulation interne à des fins électorales.
L’opposition (LFI, écologistes, socialistes et divers élus locaux) accuse ouvertement Christian Estrosi de pratiquer un double discours communautaire, après avoir longtemps mis en avant son soutien sans faille à Israël.
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