Yémen: Le gouverneur de l'Hadramaut qualifie de « limité » le retrait des troupes du CTS
- « Ce déploiement et cette organisation interviennent sous les directives du président du CTS, Aidarus al-Zubaidi, et visent à assurer la sécurité, la sûreté et l'unité du sud, en particulier l'Hadramaut et Al-Mahra », déclare Le porte-parole du CTS
Istanbul
AA / Istanbul / Lina Altawell
Le gouverneur de l'Hadramaut, Salem al-Khanbashi, a déclaré que la réponse du Conseil de transition du Sud (CTS) aux appels du gouvernement visant à retirer ses forces de la province orientale du Yémen restait « limitée ».
« Il y a eu des retraits de certaines zones dans l'est de la vallée de l'Hadramaut (Wadi Hadramaut), de l'aéroport d'Al-Mukalla et de la zone de Dhabba », a indiqué Khanbashi à la chaîne de télévision Al Jazeera lors d'une interview diffusée mercredi.
« D'importantes forces du CTS sont cependant toujours stationnées dans Wadi Hadramaut et dans la ville de Chibam », a-t-il ajouté.
Le gouverneur, affilié au gouvernement yéménite internationalement reconnu, a exhorté le CTS à retirer ses forces de la province et à regagner leurs positions antérieures. « Nous voulons éviter toute effusion de sang », a-t-il précisé.
Le ministre yéménite de l'Information, Moammar al-Eryani, a confirmé que certaines forces du CTS s'étaient retirées de positions dans l'Hadramaut, sans toutefois fournir de détails.
S'exprimant sur la chaîne publique Yémen TV, Eryani a mis en garde contre la poursuite de la mobilisation militaire dans la province. « L'État gère ces développements de manière responsable, en coordination avec la Coalition arabe soutenant la légitimité, afin d'assurer la sécurité et de prévenir l'escalade. »
Le ministre a souligné que l'appel du gouvernement au retrait des forces du CTS bénéficie d'un soutien régional et international.
La tension se sont intensifiées dans le sud du Yémen le mois dernier après que les forces du CTS se sont emparées des provinces de l'Hadramaut et d'Al-Mahra, dans l'est du Yémen, à la suite d'affrontements avec les forces gouvernementales. Ces deux gouvernorats représentent ensemble près de la moitié de la superficie du Yémen.
- Le CTS évoque un redéploiement
Le porte-parole du CTS, Mohammed al-Naqib, a affirmé mercredi que les forces du conseil s'étaient redéployées dans la province, dans le cadre de ce qu'il a qualifié de coordination avec la coalition arabe dirigée par l'Arabie saoudite.
« La première brigade des forces du «Bouclier de la Nation» a été repositionnée dans la zone de Thamud et d'autres unités se redéploieront vers la zone de Ramah et d'autres emplacements dans les provinces de l'Hadramaut et d'Al-Mahra », a-t-il déclaré.
Le porte-parole a ajouté que toutes ces zones sont proches de la frontière avec l'Arabie saoudite.
« Ce déploiement et cette organisation interviennent sous les directives du président du CTS, Aidarus al-Zubaidi, et visent à assurer la sécurité, la sûreté et l'unité du sud, en particulier l'Hadramaut et Al-Mahra », a-t-il dit.
« L'opération se poursuit pour atteindre ses objectifs de couper les routes de contrebande d'armes vers les milices houthies, de combattre les organisations terroristes et de mettre fin à l'exploitation des ressources de l'Hadramaut, renforçant ainsi la sécurité et la stabilité dans le sud. »
- Tensions diplomatiques régionales
Ce redéploiement est intervenu un jour après que de vives tensions ont éclaté entre l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis (EAU) au sujet du Yémen, à la suite d'une frappe aérienne de la coalition arabe visant deux navires au port de Mukalla.
Dans ce contexte, le conseil présidentiel yéménite a annoncé l'annulation de l'accord de défense conjoint avec les EAU et a ordonné à toutes les forces émiraties de quitter le Yémen sous 24 heures.
Le ministère saoudien des Affaires étrangères a accusé les EAU de pousser les forces du CTS à mener des opérations militaires le long de la frontière sud du royaume, dans l'Hadramaut et Al-Mahra. Les EAU ont rejeté ce qu'ils ont qualifié d'« allégations » et ont souligné leur engagement envers la sécurité de l'Arabie saoudite.
Le ministère émirati de la Défense a déclaré plus tard avoir achevé la mission de ses dernières équipes antiterroristes au Yémen, ajoutant avoir mis fin à sa présence militaire en 2019 dans le cadre de la coalition dirigée par l'Arabie saoudite.
Le CTS affirme régulièrement que les gouvernements successifs ont marginalisé politiquement et économiquement les régions du sud et appelle à leur séparation du nord, des revendications rejetées par les autorités yéménites, qui insistent sur la préservation de l'unité territoriale du pays.
* Traduit de l'anglais par Mariem Njeh
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