Venezuela : plus de 1 500 détenus sollicitent une libération au titre de la nouvelle loi d’amnistie
- La loi exclut les crimes graves et marque un tournant après des années de déni officiel de l’existence de prisonniers politiques
Istanbul
AA/Istanbul/ Fatma Zehra Solmaz
Plus de 1 500 personnes détenues au Venezuela pour des motifs politiques ont déposé une demande d’amnistie en vertu d’une nouvelle loi récemment adoptée et devraient être libérées, ont annoncé les autorités samedi.
« À la date d’hier, 405 demandes avaient été déposées par des personnes privées de liberté. Aujourd’hui, 1152 nouvelles demandes ont été reçues, portant le total à 1557. Elles sont traitées immédiatement et, à cet instant, des centaines de personnes privées de liberté sont déjà en cours de libération en application de la loi d’amnistie », a déclaré le président de l’Assemblée nationale du Venezuela, Jorge Rodríguez.
La mesure, approuvée jeudi, devrait bénéficier à des membres de l’opposition, des militants, des journalistes et d’autres personnes. Son adoption marque un tournant pour les autorités, qui ont longtemps nié l’existence de prisonniers politiques. Elle intervient après le raid militaire américain mené le mois dernier à Caracas, au cours duquel le président Nicolás Maduro a été capturé.
La législation exclut toutefois les personnes condamnées pour homicide, trafic de drogue, violations graves des droits humains ou rébellion militaire.
Des organisations de défense des droits humains ont appelé les autorités à étendre l’amnistie à l’ensemble des personnes détenues pour des raisons politiques, qu’elles soient ou non formellement incluses dans le dispositif.
« Il est discriminatoire et inconstitutionnel d’exclure les militaires emprisonnés et les figures politiques persécutées », a écrit samedi Alfredo Romero, directeur de Foro Penal, sur la plateforme américaine X, ajoutant que, sans cette mesure, « il ne peut être question de coexistence nationale ».
Jorge Rodríguez a également précisé que la loi s’applique aux personnes soumises à des mesures alternatives de détention, telles que l’obligation de pointage ou l’assignation à résidence, et que « ces mesures alternatives sont levées afin que les intéressés puissent jouir d’une liberté pleine et entière ».
Il a indiqué que « les autorités examinent les demandes de plus de 11 000 personnes placées sous des régimes de détention alternatifs dans le cadre du système judiciaire, et que ces 11 000 dossiers seront étudiés par la commission de suivi de la loi Dennis ».
La présidente par intérim, Delcy Rodríguez, a qualifié cette mesure, lors de la promulgation du texte, de preuve que les dirigeants politiques du pays « abandonnent un peu d’intolérance et ouvrent de nouvelles voies à la politique au Venezuela ».
*Traduit de l'anglais par Sanaa Amir
